Le secret de Béranger Saunière

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Son voisin, l'Abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains, est un homme cultivé qui écrit de curieux ouvrages. Il lui conseille de restaurer l'église délabrée de Rennes-le-Château, l'église de Sainte-Madeleine qui se dresse sur l'emplacement de l'ancien palais fortifié des Wisigoths. Un legs, un prêt difficilement consenti par la commune permettent de commencer les travaux en 1891. L'abbé a, entre-temps, pris une jeune chapelière de 18 ans, Marie Denarnaud, pour gouvernante.

Premier travail d'urgence pour Béranger Saunière : réparer l'autel. C'est une épaisse dalle de pierre, dont une extrémité est scellée dans le mur de l'église, tandis que l'autre est soutenue par une colonne sculptée par les Wisigoths. Aidé de deux maçons il déplace la dalle.

Il a la surprise de découvrir que la colonne est creuse. A l'intérieur, des tubes de bois scellés à la cire renferment quatre parchemins. Ce sont des transcrïptions de passages de l'Évangile, rédigées en latin dans une écriture archaïque et quelque peu étrange.

Le premier de ces manuscrits (Jean, XII 1-12) décrit la visite du Christ à la maison de Lazare, à Béthanie. Le deuxième raconte l'histoire des disciples qui égrènent les épis de blé, le jour du sabbat: cette version est élaborée à partir de celle de Matthieu (XII, 1-8), de Marc (II, 23-28) et de Luc (VI, 1-5).

Cependant, si on les examine plus attentivement, ces manuscrits font apparaître un certain nombre de détails inattendus: les monogrammes respectent des compositions différentes. Des lettres ont été ajoutées au texte. Certaines sont remplacées par des points. D'autres ont été déplacées...

Le Petit Parchemin

Le "Petit Parchemin"

Le "Grand Parchemin"



La découverte vite ébruitée, le maire propose de conserver ces documents dans les archives. L'abbé, qui ne sait comment rembourser le prêt accordé, lui propose de les vendre et de se charger de la négociation. Saunière les montre également à son évêque, Mgr Billard, évêque de Carcassonne, prélat érudit en relation avec les savants prêtres de Saint-Sulpice dont l'abbé Bieil, leur directeur spirituel.

Le diocèse lui paye le voyage à Paris. Le curé de campagne remet les parchemins à l'abbé Bieil. Ce dernier le présente à son neveu l'éditeur Ané et à son petit-neveu Emile Hoffet, oblat de vingt ans féru d'occultisme et de sociétés secrètes.

Saunière visite Saint-Sulpice, regarde étonné l'insolite crucifixion de Signol.

17 janvier à Saint Sulpice



En trois semaines, il passe le plus clair de sont temps au Louvre où il achète une reproduction des Bergers d'Arcadie de Nicolas Poussin, le Saint-Antoine ermite de David Téniers et, curieusement, le Sacre du pape Célestin V.

Les Bergers d'Arcadie _ 1640

St Antoine et St Paul

Le Sacre du pape Célestin V





Des pierres tombales effacées

De retour à Rennes-le-Château, Saunière dit au maire qu'il a vendu les documents, le rembourse du prêt grâce à l'argent donné par l'évêque et se remet au travail. Il entreprend une fouille systématique de son église et décide de soulever une autre dalle, face à l'autel. La face cachée se révèle sculptée, dans un style archaïque daté du VI ou du VII siècle.

On peut y voir deux scènes, qui se déroulent toutes deux dans un lieu voutée ou dans un crypte. A gauche, un chevalier sur sa monture sonne du cor de chasse, tandis que son cheval abaisse le col pour s'abreuver dans une fontaine. A droite, un autre chevalier brandit un bâton de pèlerin et porte un enfant sur son arçon. Usée et cassée, la pierre laisse difficilement deviner les sujets, mais la facture est incontestablement ancienne.

Les 2 arches ainsi que la fontaine (ou puits) représentées sur la dalle des chevaliers (pierre tombale de SIGEBERT IV) existent dans le Chateau d'Hautpoul !

dalle des chevaliers



Une fois la pierre levée, l'abbé Saunière demande aux jeunes gens de creuser sur plusieurs mètres. Au bout d'un moment, la pioche fait sonner un objet dur. C'est alors qu'il s'enferme seul dans son église.

Après cette découverte, l'abbé Saunière arrête de travailler dans son église. On le voit courir à la campagne, un sac sur le dos, en compagnie de sa gouvernante, sa complice jusqu'à sa mort et, une fois l'abbé disparu en 1917, son héritière et la détentrice de leur secret commun. Il revient tous les soirs, le sac plein de cailloux choisis avec soin. Quand on l'interroge, il répond qu'il a décidé d'orner d'une grotte en pierres le minuscule jardin qui se trouve en face de l'église...

grotte reconstituée dans le jardin près de l'église de RLC



De prime abord, cette grotte présente une forte ressemblance avec la Fontaine de La Valdieu. Au dessus-de cette source, dans la niche, se trouvait une croix qui fût remplacée par une statue de la vierge.

La Valdieu (Vallis Dei) & la "Pierre de Coume_Sourde"

Par la croix (de l'Haum-moor) et ce cheval de Dieu (la Valdieu)



Sur le banc dans la grotte du jardin de l'église de RLC, seraint gravées les lettres KXS LX pour KRYPTOS ("caché" en grec) LUX ("lumière" en latin).

Cette grotte fait-elle référence à la grotte du Fournet, dite de la Madeleine ?

Grotte du Fournet dite de la Madeleine





Au fond du cimetière, près de l'église, se dressent deux pierres tombales, dont celle de Marie de Négri d'Ables, morte en 1781, épouse de Francis d'Hautpoul, seigneur de Rennes-le-Château. Une nuit, il les déplace à l'autre bout du cimetière et efface soigneusement les inscriptions.

Dalle de la marquise de Blanchefort

Dalle de la marquise
Marie de Nègre d'Ables

Epitaphe
de Marie de Nègre d'Ables



L'abbé Bérenger Saunière n'a pas été un pilleur de tombe, mais il recherchait dans le cimetière ce passage vers le tombeau des Seigneurs sous la dalle de cette fausse tombe...



La formule "In hoc signo vinces" est la devise du Cercle Catholique de Narbonne qui aurait financé Saunière au début de ses travaux.

Tout au long de sa vie l'Abbé SAUNIÈRE a bénéficié de dons d’une générosité exceptionnelle, et à juste titre on peut se demander pourquoi! Or, l’identité de la première de ces donatrices m’a toujours beaucoup intriguée, il s’agissait de la Comtesse de CHAMBORD. La Comtesse avait en effet versé une somme fort importante pour l’époque, qui varie selon les auteurs entre mille et trois mille francs-or à l’Abbé SAUNIÈRE en 1886.

Au cours des deux années suivantes, le curé de Rennes-le-Château ne cesse de voyager. Il ouvre un compte en banque à Perpignan. Un autre à Toulouse. Un autre encore à Paris et un quatrième à Budapest. Des mandats arrivent de toute l'Europe, libellés au nom de Marie Denarnaud, apparemment expédiés par différentes communautés religieuses.

Mais cela n'explique pas l'origine des sommes considérables dépensées. Le calvaire seul coûtera 11 000 francs !

Un supposé trafic de messes lui vaudra d'être suspens a divinis, en 1910, c'est-à-dire dans l'impossibilité d'exercer son sacerdoce. Sa fortune est colossale. Entre 1891 et 1917, l’abbé aurait disposé entre 15 et 24 millions de francs or. La rumeur d'un trésor se propage ...

La vérité sur les trésors de Rennes le Château



Sur le tympan est gravé: "Teribilis est locus iste" (ce lieu est terrible, "les paroles de Jacob à Bethléem"). Ailleurs on peut lire: "Méa domus orationis vocatibus". La suite de la citation est sans équivoque: "Ma maison est celle de prière, vous en avez fait une caverne de brigands."

Armoiries du pape Léon XIII au-dessus du porche de l'église de RLC



RLC et les papes





Lieu terrible en effet que cette église dédiée à la Madeleine.

A partir de 1896, il entreprend un vaste programme de remise à neuf de l'église. Il dirige les travaux et met la main à la pâte, peignant lui-même la sainte Madeleine du devant de l'autel.

Marie-Madeleine en prière se trouve devant le maître-autel de l'église de RLC.



Culte de Marie_Madeleine à RLC





Un étrange chemin de croix dans l'église de Rennes-le-Château

Quant au chemin de croix- Saunière se souvenait sans doute de celui de Saint-Sulpice- il n'est que rébus et allusions. Dès la première station on retrouve les lieux environnants. Pilate se lave les mains dans un plateau blanc tenu par un noir: c'est Blanchefort et Roco Negro. Les statues placées entre les stations du chemin de croix ont aussi leurs symboles plus difficiles à comprendre que les roses et les croix qui ornent la façade.

L'énigmatique station XIV présente une "mise au tombeau" de nuit comme en atteste la présence de la lune. Les Evangiles indiquent que la mise au Sépulcre du Christ s'est déroulée de jour. "Mise au tombeau" ou retrait du tombeau la nuit tombée ?

Station 14 - Etrange mise au tombeau de nuit (lune)



Pour ma part, je distingue, au dessus du Christ, un profil de crocodile avec son oeil à la même hauteur que la lune et avec une machoire accentuée par les deux traits noirs horizontaux.

A lire -> Top Secret Hors-série n°14 Rennes-le-Chateau ***





A l'entrée, le bénitier surmonté des initiales "B.S", est posé sur la tête d'Asmodée, le diable boîteux.

Au-dessus: quatre anges ailés, qui portent la devise "Par ce signe, tu le vaincras", une citation qui passe pour avoir entraîné la conversion de l'empereur Constantin.

Les anges de l'église de RLC : In Hoc Signo Vinces



In hoc signo vinces _ 4



Ce démon, de dimensions humaines et le regard mauvais, semble assis, deux de ses doigts forment un cercle, une de ses côtes est plate, le mamelon n'est pas à sa place. Les couleurs sont criardes. Curieusement dans la proche région existe un rocher nommé Fauteuil du Daible, le Plan de la Coste, et une autre: "le sein du Diable" à dire vrai "seing", donc "signe".

Quant aux initiales "B.S" l'abbé a joué sur les mots: un endroit appelé le bénitier se trouve entre les rivières Blanques et Sals.

Asmodée appuie ses cinq doigts sur son genou: ne nomme-t-on pas la main du diable 'cinq creux' sur le rocher proche de Rennes-le-Château dit Pierre du Pain ?

Asmodée dans l'église de RLC



Le regard du diable du bénitier fixe un dallage. Il n'est pas le seul. Sur les fonds baptismaux, saint Jean-Baptiste fixe lui aussi l'échiquier. Dans cette église peu banale, l'abbé a fait faire un dallage noir et blanc de soixante-quatre cases comme un échiquier dont les angles sont orientées vers les points cardinaux. Les murs de l'église sont recouverts de peintures en relief de style populaire: quelques stations d'un chemin de croix et de représentations du Christ. Chaque tableau dans ce sanctuaire fait référence à des lieux du voisinage.

Autre lieu marqué dans le sanctuaire: la statue de saint Antoine-Ermite. Or, un lieu proche se nomme grotte de l'Ermite. De plus le soleil venant du vitrail opposé vient frapper cette statue le 17 janvier, jour de la fête du saint. Là encore apparaît le chiffre 17 qui avec le chiffre 22 (référence au nombre de lettres de l'alphabet hébraïque et aussi arcane du tarot dit le "mat") est souvent présent.

Le Serpent Rouge