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Les Bergers d'Arcadie 1ère version
Nicolas POUSSIN - v. 1629/1630

Les Bergers d'Arcadie (1ère version), peint par Nicolas POUSSIN v. 1629/1630 ;
inscription ET IN ARCADIA EGO + crâne sur le tombeau; genou droit dénudé (les initiés ont le genou gauche dénudé) mais tout est inversé



Deux bergers et une bergère se penchent sur l’inscription d’un tombeau surmonté d’un crâne portant une entaille rituelle. L’inscription ET IN ARCADIA EGO peut se traduire « Même en Arcadie je suis là, moi la mort ». En bas à droite, l’homme assis de dos, versant l’eau d’une amphore, personnifie le fleuve Alphée, qui traversait l’Arcadie.

La temporalité et l'éternité

"Le travail de Poussin est de s'abstraire de l'anecdote, souligne Claude Lévi-Strauss. Le second tableau est un tableau « de pensée » selon Panofsky, méditatif, qui contraste avec la brutalité sensuelle des découvreurs de la tombe du premier." "Dans la première version quelque chose est en train de se produire : l'irruption de la mort dans le champ de la vie, la découverte de leur synchronie possible. Dans la seconde, nous sommes comme décalés, projetés dans une autre temporalité : l'oméga des bras comme accomplissement ici et maintenant de l'éternité."

Deux des quatre personnages portent des lauriers ; or, chacun sait que le laurier est "lié, comme toutes les plantes qui demeurent vertes en hiver, au symbolisme de l’immortalité."

Sur le tableau des Bergers d'Arcadie de Castiglione, le doigt du berger en rouge est pointé vers l'inscription : Temporalis (temporaire; qui désigne le temps) Aeternitas (éternité).

Les Bergers d'Arcadie





Ce tableau intimement lié au thème de l'ARCADIE (*) (terre promise au retour de l'Age d'Or) ne serait-il pas une évocation de la continuité de la lignée davidique (David-Jésus-...) représentée par la présence des trois enfants du Graal ?
La posture de la jeune fille évoque Marie-Madeleine, le Graal (calice) qui a porté le sang du Christ.

Lamentation sur le Christ mort



Leur genou droit est dénudé; les intitiés ont le genou gauche dénudé mais tout est inversé dans l'affaire de RLC. Sur le tombeau, repose un crâne - un attribut essentiel de "Memento Mori" (souviens-toi que tu vas mourir").

Cette évocation de la mort de type "vanité" souligne l'inutilité des plaisirs du monde face à la fuite du temps et à la mort qui guette ainsi que la relativité de la connaissance.

Généalogie des Vanités : l’iconographie macabre - Jusqu’au XIVe siècle, dans l’expression de la mort et de la vanité — autrement dit l’attitude face au néant, au vide (vacuum) — un seul discours prévaut, celui du sentiment de la mort conforme à la doctrine chrétienne ; la mort n’invalide pas la vie, elle clôt un cycle qui ouvre sur le temps de la vie éternelle, si bien que la conscience du néant n’a pas de sens. D’où un rejet des formes macabres : l’expression de la mort terrestre n’a pas lieu d’être.

Rappelons cette citation de l'Ecclésiaste : "vanitas vanitatum omnia vanitas" (vanité des vanités, tout est vanité).

Ce "Culte des Morts" d'inspiration chaldéenne est évoqué par la présence du crâne, autrement nommée "Memento Finis" ou "Memento Mori". Il s'appuiera ensuite sur la doctrine du Purgatoire.

Le crâne/la mort (sur la 1ère version) figure la Mort inéluctable qui émet le message; il n'y pas de place pour la Destinée car tout semble écrit.

Les Bergers d'Arcadie montrent l'inscription ET IN ARCADIA EGO.

Inscription ET IN ARCADIA EGO



Sur la besace du jeune "berger", est représenté un casque gaulois, figure emblématique de l'ascendance davidique des Rois de France.

Ascendance Davidique des Rois de France



A gauche des plis de la robe, on remarque un rocher en forme de tête d'aigle.
A ce sujet, relire le passage sur Saint Augustin page 98 dans la VLC de BOUDET.

Les Quatre Saisons - L'automne ou la grappe de la terre promise





Le tombeau semble adossé à un mur constitué d'un assemblage de grosses pierres.

Le mur mégalithique et les "portes de l'Atlantide"





Dans cette première version, le tombeau est associé à l’eau jaillissante (d'une cascade ?). Le vêtement noir du premier plan d'où semble jaillir cette cascade épouse le relief d'une montagne.

Que nous dit Nostradamus au sujet de la découverte d'un tombeau ?
- le tombeau devrait être en marbre et en plomb, mal enfoui : "Sepulchre en marbre apparoistra ouuerte, ..., mal enfoüetz." (C6:Q66)
- "Ce concaver marbre et plomb métallique." (C5:Q07)
- à proximité d'un torrent : "Torrent ouvrir de marbre et plomb la tombe," (C9:Q84)
- des pièces d'or de Trajan permettront de l'identifier : "Ardente lampe, Traian d’or burine." (C5:Q66)
- il est protégé : "Floram patere, entrer camp, foy rompue," (0675/5711 de l'almanach de l'année 1557)
pateo, ere, patui : - intr. souvent avec dat. - 1 - être ouvert, être découvert, être libre, être praticable, être accessible.
Flora, ae, f. : - 1 - Flore (déesse des fleurs). - 2 - Flora (courtisane célèbre). - Les Floralia (28 avril-3 mai), jeux présentés à la déesse Flora, divinité de la fécondité, du plaisir, des fleurs et du printemps, sont la fête des prostituées.



Pour un peintre averti comme Poussin, il est plus qu'étonnant que le bas du bâton ne soit pas dans le prolongement de la partie haute recourbée. Ce détail est flagrant sur l'esquisse de la 1ère version. L'autre bâton tout droit quant à lui n'a pas de partie basse. En fait l'assemblage des deux bâtons forme un Y. En français le Yod hébreu (en forme de Y) se traduit par J (YHWH/Yahvé/Jéhovah, Yéshoua/Jésus). Le YOD (y) la plus petite lettre de l'alphabet hébraïque (sa valeur numérique est 10). Cette lettre signifie "la main de Dieu" (signifie MAIN, FORCE,PUISSANCE, POUVOIR, DOMINATION, VIGUEUR).

Pour ma part je pense qu'il existe un rapport entre cette "marque Y" et la possibilité d'accéder à l'espace hyperdimensionnel ou "Royaume des Dieux" par une porte spatio-temporelle située dans la région de RLC. Poussin a voulu indiquer dans ce tableau qu’il avait découvert un lieu de passage vers l’immortalité.



(*) ARCADIE
Arkas et Callisto chez le peuple de l'Ours
Dans cette région, l'ours était autrefois un animal sacré, faisant l'objet d'un culte mystérieux et de sacrifices rituels. Le nom d'Arcadie provient d'ailleurs d'"Arkades" qui signifie le "peuple de l'ours", les anciens Arcadiens affirmant descendre d'Arkas, divinité de la terre, dont le nom veut également dire "ours". Dans la mythologie grecque enfin, Arkas était le fils de la nymphe Callisto, très semblable à la chasseresse Artémis. Or Callisto nous est aujourd'hui familière sous les traits de la constellation de la Grande Ourse et Arkas sous ceux de la Petite Ourse.
Les vertus très particulières, totémiques et magiques, reconnues à l'ours dans cette terre mérovingienne des Ardennes, expliquent par suite aisément que le nom "Ursus" (ours en latin) ait été associé à la lignée royale Mérovingienne. Mais plus surprenant est le fait qu'en gallois le mot "ours" se dise "arth", d'où vient "Arthur", on pourra constater que le célèbre roi Arthur était aussi un contemporain des Mérovingiens, et appartenait lui aussi au même cycle mythique de l'ours.