Les Redones

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REDONES

Les Redones sont un peuple gaulois peuplant la partie orientale de la péninsule armoricaine (soit l'actuel Ille-et-Vilaine) au IIe siècle av. J.-C. Ils donnèrent leur nom à la ville de Rennes (Redonum civitas); dans l'évolution phonétique romane d'oïl les d et les t, entre deux voyelles, disparaissent l'un comme l'autre.

L'appellatif Redones procède d'une racine celtique red- signifiant "aller à cheval", et par extension "aller en char", (le gaulois reda=char militaire a été emprunté par le latin reda/raeda voiture à 4 roues). De la racine red- qui a aussi donné le latin rota, l'allemand rad "roue". Les Redones seraient-ils donc "les conducteurs de chars" (rhedarii) ?

cavalière redone au galop



Cela nous rappelle l'étymologie des 2 Rennes dans le Razès : Rennes-le-Château (RHEDAE) et Rennes-les-Bains.

Les Redones de l'Armorique sont la cause du nom que porte Rennes de Bretagne, et les Redones du Languedoc nous ont donné Rennes-les-Bains du département de l'Aude. (BOUDET - VLC p. 225)

Carte Rennes_le_Château

Carte Rennes_les_Bains



A proximité de Rennes-les-Bains, il existe d'ailleurs "le camps des Redones" au pied du Cardou sous Roque-Nègre. Sur le mont Cardou, plus précisément au Bazel, il a été trouvé la fameuse roue de char Romain qui est exposée au musée de Toulouse ainsi que des amphores romaines. A signaler également le Mont Redond entre Arques et Terroles.



BOUDET - La vraie Langue Celtique

DESCRIPTION DU DRUNEMETON OU CROMLECK DES REDONES DU SUD GAULOIS. – MÉNIRS, DOLMENS,

"La Vraie Langue Celtique"
"Le Cromleck de Rennes les Bains"
Abbé Boudet _ 1886



"Les Redones formaient la tribu religieuse, savante, possédant le secret de l'élévation des monuments mégalithiques disséminés dans toute la Gaule ; c'était la tribu des pierres savantes,– read (red) savant,– hone, pierre taillée. – L'étude et la science étaient indispensables pour connaître le but de l'érection des mégalithes, et ceux-là seuls en possédaient l'intelligence et le sens qui l'avaient appris de la bouche même des Druides." (BOUDET - VLC p. 166)

Les Redones de l'Armorique sont la cause du nom que porte Rennes de Bretagne, et les Redones du Languedoc nous ont donné Rennes-les-Bains du département de l'Aude. On pourrait se demander pourquoi le nom de Rennes est appliqué à notre station thermale ; on en trouve aisément la raison, lorsqu'on examine de près cette étrange contrée : en effet, ses montagnes couronnées de roches, forment un immense Cromleck de seize ou dix-huit kilomètres de pourtour. (BOUDET - VLC p. 225)

La Sals ou rivière salèe, coule d'abord du levant au couchant, et, après sa jonction avec la Blanque, vers le centre du Cromleck des Redones, poursuit son cours du sud au nord jusqu'à l'entrée de la gorge où commencent à se dessiner les premières aiguilles naturelles. Dès qu'elle a reçu les Rialsés, elle se détourne de nouveau vers le couchant, et se dirige vers l'Alder pour y déverser ses eaux amères. Tout près du point central du Cromleck, dans un déchirement de la montagne et bâtie sur les bords de la Sals, on voit la station thermale de Rennes-les-Bains (...) (BOUDET - VLC p. 228)

Ils ont construit leur chemin en suivant une autre direction ; ce chemin existe encore ; il est pavé de grosses pierres et bordé de ménirs avant de déboucher sur le plateau des bruyères. Ce n'est point là une voie romaine, mais bien un chemin celtique, conduisant les habitants du plateau jusqu'au centre du cromleck des Redones. (BOUDET - VLC p. 234)

Le centre du cromleck de Rennes-les-Bains se trouve dans le lieu nommé, par les Gaulois eux-mêmes, le Cercle–. En appelant Cercle – to circle (cerkl’) environner, entourer –, le point central du cromleck des Redones, et renfermant ainsi un petit cercle dans un plus grand, les Druides ont voulu exprimer l'idée très nette qu'ils possédaient d'un Dieu unique et existant dans les êtres. (BOUDET - VLC p. 247)

On peut affirmer avec certitude qu'ils (les Celtes) cultivaient le blé, puisque cet aliment était l'objet d'une distribution impartiale et la kaïrolo – key (ki) clef, – ear (ir), épi de blé. – hole, creux, petite maison –, le grenier et peut-être le silo ou souterrain renfermant la précieuse céréale, existait toujours auprès des centres d'habitations celtiques. Il n'y a guère, en effet, de village qui ne possède un terrain de ce nom : la kaïrolo des Redones était située au sud de Montferrand tout près du chemin conduisant au ruisseau de la Coume et aux Artigues. La production du blé étant même fort abondante dans certaines régions privilégiées, on avait recours à des mains étrangères à ces contrées, afin de moissonner avec plus de célérité. (BOUDET - VLC p. 295)

Les Celtes, doués d'une nature généreuse, n'étaient |point enclins au vol et au brigandage, et ils étaient peu nombreux ceux qui se rendaient coupables de pareils méfaits. Du reste, la justice était prompte et sévère, et le Fangallots des Redones – to faint (fént) disparaître, – Gallows (Galleuce), potence, gibet, – rappelait aux habitants de la région, que la pendaison était la juste punition des criminels.
Les noms des divers terrains, dans le cromleck de Rennes-les-Bains, n'évoquent point le souvenir des funérailles celtiques, parce qu'elles sont déjà écrites dans le pays des Sordes, à Caucoliberis et Illiberis. Jules César en loue la magnificence extrême. La croyance inaltérée à la vérité de l'immortalité de l'âme, conduisait les Celtes à déployer une grande pompe religieuse dans les
derniers devoirs rendus à leurs parents et à leurs amis. Ils ensevelissaient les morts dans des tombeaux formés de terre et de pierres, élevés en cône et connus sous le nom de barrow, – barrow (barrô), tombe, tertre –."
(BOUDET - VLC p.304)

LA CROIX DANS LE CROMLECK DES REDONES.
(BOUDET - VLC p.304)

Les Redones du sud ont passé un temps relativement court dans les superstitions insensées du paganisme. Le proconsul Sergius Paulus, disciple de l'apôtre St-Paul était venu porter l'Evangile dans le midi de la Gaule et avait fixé son siège à
Narbonne. Les missionnaires chrétiens envoyés par l'illustre et saint Evêque pour conquérir à la vérité les esprits et les coeurs des Gaulois de la Narbonnaise, comprirent, en pénétrant dans le cromleck des Redones, que les respect dont on entourait ces pierres taillées ou levées, était un respect devenu idolâtrique, et ils firent graver des croix grecques sur tous les points de ce cercle de pierres, à l'entrée du Cromleck, aux Crossés, au Roukats, au Serbaïrou, sur la crête du Pla de la Coste et de las Brugos et au Cugulhou du couchant.
Alors, à l'arête du cap dé l'Hommé sur le haut d'un ménir, en face du temple païen, converti en église chrétienne détruite plus tard par l'incendie, fut sculptée une belle tête du Sauveur regardant la vallée, et dominant tous ces monuments celtiques qui avaient perdu leurs enseignements. La croix, victorieuse du paganisme, n'a pas discontinué de régner dans le cromleck de Rennes-les-Bains, et maintient toujours, gravés dans le coeur religieux de ses habitants, les préceptes de vie donnés au monde par l'Eternelle Vérité.
(BOUDET - VLC p.306)

Carte "Rennes Celtique"
Abbé Boudet _ 1886

Carte "Rennes Celtique" (couleur)
Le centre du cromleck de Rennes-les-Bains