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Saint-Jean-Baptiste
Léonard de Vinci - v. 1513/1516

Saint-Jean-Baptiste, peint par Léonard de Vinci v. 1513/1516



Léonardo di Ser Piero da Vinci (Léonard de Vinci) est né dans le village toscan de Vinci en 1452. Il se rendit en France en 1516, pour entrer au service de François Ier, et passa les dernières années de sa vie au château du Clos-Lucé, près d'Amboise, où il mourut le 2 mai 1519. Sa sépulture se trouve dans la chapelle du château d'Amboise.

Cette œuvre appartint au cardinal de Mazarin dont les héritiers en firent don à Louis XIV.



La perfection de son androgynie idéale, l'éloquence du geste, la puissance du sourire en font le chef-d'oeuvre de la fin de la carrière de Léonard, peint sans doute vers 1513 - 1516, et le point culminant de sa manière sombre et fondue, monochrome et transparente.

Le torse et le visage de saint Jean-Baptiste se dégagent sur un fond sombre. Il tient un fin crucifix en roseau dans la main gauche et tend la main droite vers le ciel. Il est représenté tel qu’il vivait, en ermite, vêtu d’une simple peau de bête.



Saint Jean-Baptiste lève le doigt vers un signe divin. C'est le nouvel Adam, l’homme avant le pêché, avec la double nature féminine et masculine et des cheveux longs bouclés.

Il est la représentation de la Trinité : la pensée (le Père), la parole (le Fils) et l'action (le Saint-Esprit).



On peut également ajouter qu'en terme de communication gestuelle il signifie "Prendre Dieu à témoin". L'index est levé, la paume orientée vers l'extérieur. L'index désigne la divinité céleste. On prend Dieu à témoin pour renforcer une affirmation ou une promesse ; ce geste est utilisé de façon très quotidienne (il équivaut à l'expression verbale, vieillie en français, " Pardieu ! ").

D'après de nombreux experts, Vinci s'intéressait de près à l'alchimie, notamment au principe alchimique qui veut que la fusion entre le mâle et la femelle soit le stade ultime de la perfection . Dans ce cadre, il est possible de se référer à la fréquence des figures androgynes qui apparaissent dans ses tableaux, notamment le Saint Jean-Baptiste , dans lequel la silhouette du saint est étrangement hermaphrodite.

La double nature féminine et masculine est également présente sur ce curieux tableau de Hans Rottenhammer :

JC aux seins - Hans Rottenhammer (1564-1625)