Sites templiers de l'Aisne

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Chapelle templière de Laon



°ACY (02/Aisne, cant. Braine) 02200
Située dans le triangle formé par les Commanderies de °Soissons, °Mont-de-Soissons et °Ambrief, la maison d'Acy près Soissons ("domus de Aciaco prope Suessionem") dépendait de la Commanderie de °Mont-de-Soissons. La maison d'Acy, à une lieue de Soissons, parait n'avoir été qu'une simple métairie, dont une partie des terres aurait été donnée par un seigneur d' °Ambrief, village voisin. Ce personnage, du nom de Robert d'Ambrief, par des lettres de l'official de Soissons du mois de janvier 1254, déclara faire donation aux Temple d'une pièce de terre arable qu'il avait sur le mont d'Acy, près de Soissons, au lieu dit "Coutures de Beaumont". Il leur accordait, en outre huit essieux de terre et un terrage dans les deux coutures du Temple dont une était située au Champ-des-Anes, l'autre à la Marlière, sur le chemin d' °Ambrief.

°AMBRIEF (02/Aisne, arr. Soissons, cant. Oulchy-le-Château) 02200
A une demi-lieue au sud-ouest de °Mont-de-Soissons se trouvait le domaine d'Ambrief, dont la maison ("domus de Arabriers") était située dans la grande rue du village, presque à l'angle du chemin qui s'en détache pour aller à Mesmin. A la crête sud du village, l'ancienne Commanderie d'Ambrief domine une dépression où se trouvent les maisons de la localité. Vu du nord, les bâtiments sont imposants avec leur rangée de contreforts. Les constructions ont été remaniées. On aperçoit encore la grange, l'étable et l'écurie à l'intérieur des murs d'enceinte. Le nom de l'un de ses précepteurs nous est connu : Aegidius de Pernant.

°BELLICOURT (02/Aisne, arr. Compiègne, cant. Maignelay-Montigny) 02420
Si nous croyons les historiens, à l'origine, Bellicourt ("Berenei curtis") était un fief appartenant à un certain Bernin ou Bernicus, vers le VIIème siècle. Nous admettons donc que Bernus ou Bernicus est le parrain de la commune, quand au mot Court, il vient du latin "Curtis" qui signifiait ferme. Bellicourt aurait été érigé en paroisse vers le XIème siècle. Ses habitants reçoivent une Charte communale en 1204 de Hugues de Rethel, leur seigneur et maître. La seigneurie de Bellicourt était vassale de Malincourt (aujourd'hui département du nord). Bellicourt fut un fief templier avec Commanderie, cette dernière était la nord-ouest de celle de °Tricot dans le même canton de Maignelay-Montigny.

°BERTAIGNEMONT (comm. LANDIFAY-ET-BERTAIGNEMONT, 02/Aisne, arr. Vervins, cant. Sains-Richaumont) 02120
"Landifay" est mentionné en 1145. La ferme de Bertaignemont était une paroisse érigée en commune autonome à la Révolution. Le précepteur de la Maison de Bertaignemont sur la commune de Landifay-et-Bertaignemont était en 1189 Balduinus.

°BILLY-SUR-OURCQ (02/Aisne, cant. d'Oulchy-le-Château) 02210
Entre Château-Thierry et Soissons.
A l’ouest du château de Oulchy-le-Château, on trouve l’amorce du souterrain templier de Billy-sur-Ourcq, où les Templiers possédaient une Maison ("domus de Billy super Urcam"). Des lettres de Jacques, évêque de Soissons. du mois de décembre 1236, portent que Gaudefroy, seigneur de Margival, a donné aux frères de la chevalerie du Temple, pour leur venir en aide dans la Terre-Sainte, tout ce qu'il avait à Billy-sur-Ourcq, en terres arables, en bois, nommés Bois de Forest et de Endefois, en prés, cens, terrages, hommes, justice et seigneurie; leur accordant, en outre, sa maison de Billy, rien réservé ni excepté, si ce n'est un muid du bois de Forest. Cette donation était faite à la charge d'une rente perpétuelle de dix livres fortes à payer chaque année au donateur, et après lui à ses héritiers.
En 1239, les religieux de Longpont ("Longi pontis") vendaient à Robert, alors commandeur de la maison du Temple, près de Soissons, pour le prix de 30 livres de Provins, la maison qui leur avait été donnée par maître Gauthier, autrefois curé de Billy-sur-Ourcq. La maison du Temple de Billy était située contre le sentier qui conduisait au moulin de la Ville; les terres qui en dépendaient étaient de 80 arpents environ, affermées avec les rentes seigneuriales, en 1309, 57 livres 4 sols.

°BRUMETZ (02/Aisne) 02810
Le domaine de Brumetz dépendait de la Commanderie de °Moisy fondée en 1160 entre Neufchelles et Montigny-l'Allier par les seigneurs de Brumetz.

°CATILLON-DU-TEMPLE (comm. de NOUVION-ET-CATILLON, 02/Aisne, cant. Crécy-sur-Serre) 02270
Catillon du Temple, "Castellio de Templo" en 1229, est un village de l'Ancienne Thierache qui se situe en plaine élevée à environ 20 Km du nord de Laon (soit 4 lieues).
Jusqu'au début du XIIème siècle, Catillon fut un lieu totalement inhabité. Ce n'était alors qu'une butte boisée, riche en faune, avec quelques pâturages où paissaient moutons et chèvres.
Tout commença en 1154 quand les terres de Catillon furent donné par Renaud, sire de Rozoy-sur-Serre aux Templiers de Laon, d'où son nom de Catillon-du-Temple. Ces Templiers, qui furent introduits par l'évêque Barthélemy de Vir en 1128, possédaient la Commanderie de Catillon-du-Temple au nord-est de Nouvion-l'Abesse et à l'ouest de Richecourt, sur le chemin de Nouvion-l'Abesse à Villers-le-Secq. Depuis le chemin d’accès, on a une belle perspective sur la grange dîmière dont on aperçoit les contreforts et les meurtrières.

°CERNY-EN-LAONNOIS (02/Aisne, canton de Craonne) 02860
A mi-côté du versant nord du Chemin des Dames (D18), une plate-forme assez circulaire se détache de la pente pour dominer la vallée de l'Ailette d'une hauteur de 60 à 70 mètres.
Le vieux Cerny fut implanté sur ce remarquable promontoire qui lui conférait à la fois un abri contre les grands vents balayant la crête et tous les avantages défensifs d'un éperon barré. Deux voies fort antiques se croisaient près de cet emplacement. D'une part, le chemin dit "des Dames", ancienne voie gauloise de sommet, qui court d'est en ouest sur la crète. D'autre part, la voie dite "de Barbarie" orientée nord-sud, qui remonte de Bourg-et-Comin, longe le vieux Cerny pour redescendre vers Chamouille. Les Templiers de Cerny au centre du triangle Reims-Soissons-Laon dépendaient de la Commanderie de Laon.

°CHASSEMY (02/Aisne, cant. Braine) 02370
A l'est de Soissons, dans la fourche formée par l'Aisne et la Vesle, cinq Commanderies quadrillent un secteur d'une douzaine de Km de côté : °Vailly-sur-Aisne, °Chavonne, Chassemy, °Mont-Hussard (vestiges sur la commune de Courcelles-sur-Vesles) et °Vieil-Arcy. Chassemy est accessible par la D14 au sud de Vailly-sur-Aisne en direction de Braine.

°CHATEAU-THIERRY (02/Aisne) 02400
L'enceinte urbaine de Château-Thierry comptait quatre portes fortifiées. Seule, subsiste la Porte Saint-Pierre, dont l'aspect semble identique à celui de deux des trois autres portes de la ville, la Porte Saint-Crépin à l'ouest et la Porte de Beauvais au nord, démolies durant la Révolution. Sur la route de Château-Thierry à Montmirail, une Maison templière et quelques prairies dépendaient de la Commanderie de °Viffort plus au sud.

°CHAVONNE (02/Aisne, cant. de Vailly-sur-Aisne) 02370
A l'est de Soissons, dans la fourche formée par l'Aisne et la Vesle, cinq Commanderies quadrillent un secteur d'une douzaine de Km de côté : °Vailly-sur-Aisne, Chavonne, °Chassemy, °Mont-Hussard (vestiges sur la commune de Courcelles-sur-Vesles) et °Vieil-Arcy. Le plus ancien document où il est question de la Maison du Temple de Chavonne ("domus de Chavoniis") est une charte de l'archidiacre de Soissons, de janvier 1234, portant que Richer, mayeur de Chavonne, et Roche, sa femme, ont donné à Dieu, à la sainte Vierge et aux frères du Temple, un pichet et demi de terre, situé près de l'Aisne, en la Garenne, contre le champ des Frères et leur part dans une vigne, située en Chancisois, avec une pièce de terre touchant à la maison du Temple de Chavonne ("Templi de Chavunes"). Cette Maison provenait d'une donation qu'un chevalier, du nom de frère Gillon, avait faite aux Templiers, comme on le voit dans des lettres de Carnier, archidiacre de Soissons, de décembre 1230, par lesquelles Robert, Commandeur du Temple du Mont-de-Soissons, avait, du consentement du Grand-Maître de l'Ordre, cédé à Etienne de Bray, charpentier, à sa femme et à ses héritiers, une maison, et une vigne sises à la Ruelle ("ad Ruellam"), avec un champ situé à la Carrière ("ad Quarreriam"), touchant au chemin d'Ostel ("juxta viam de Ostel"), quatre setiers et demi de vinage et la douzième partie du four "de Chavones"; lesquels objets avaient été concédés aux Templiers par le dit Gillon, frère de l'Ordre. Cette cession eu lieu moyennant une rente ou pension de trente sols payable chaque année à la Saint-Martin d'hiver, et à la charge d'employer dans les deux premières années une somme de vingt livres aux réparations de la Maison. En 1249, un seigneur, du nom de Raoul de Chavonne, et Lucie, sa femme, donnèrent aux frères de la chevalerie du Temple trois vignes au territoire de Chavonne ("in territorio de Chavoniis"), aux lieux-dits le Tertre et la vallée de la Mère-Lucie.
Il est dit dans l'acte de donation que les donataires cultiveront ces vignes, et y mettront deux cents boitelées de fumier. Raoul et Lucie devaient en fournir cent, et partager aussi longtemps qu'ils vivraient les fruits de ces vignes avec les Templiers. Il n'était pas rare de voir les Templiers pratiquer les prêts d'argent, surtout lorsqu'ils pouvaient tourner à leur profit. C'est ainsi qu'en 1257, un chanoine de Soissons, Gauthier Bouclenay, avait eu besoin d'une somme de 300 livres qu'il avait empruntée au trésorier de l'Ordre du Temple. N'ayant pu remettre cette somme à son échéance, il avait dû, à la demande des Templiers, hypothéquer en garantie de son obligation sa terre et seigneurie de Chavonne, et leur en avait délégué les revenus jusqu'à parfaite libération. A sa mort, arrivée en 1286, son neveu et héritier Jérôme Bouclenay, écuyer, se vit forcé, pour acquitter les 250 livres que son oncle restait devoir, d'abandonner aux Templiers la terre et seigneurie qui avait été donnée en garantie. La maison de Chavonne était en ruines au commencement du XVIème siècle car il est fait état en 1517 d'une masure située dans ce village, et nommée "le Temple", tenant à une ruelle, et aboutissant au cimetière.

°COURTIL-DE-SERCHES (comm. de SERCHES, 02/Aisne, arr. Soissons, canton Braine) 02220
Autre donation, celle que fit Josselin de Vierzy, évêque de Soissons, aux Templiers de Courtil-de-Serches. Elle devint le siège de la Commanderie de °Mont-de-Soissons.

°ESSISES (02/Aisne, cant. de Charly-sur-Marne) 02570
"Asselum" à l'époque gallo-romaine puis "Esseces" pour devenir enfin Essises, petit village situé dans la vallée du Dolloir (affluent de la Marne). Appelé "Dolloger" en 1182, il prend sa source à quelques pas de °Viffort. Il faisait tourner trois moulins à grains. Le fief d'Essises était sous la dépendance de la commanderie de °Viffort. La terre et seigneurie d'Essises fut donnée au commencement du XIIIème siècle, aux chevaliers du Temple, par une noble dame Mésinde, veuve de Gillon de Châlons, qui déclara dans des lettres d'Haymard, évêque de Soissons, du mois de novembre 1211, leur faire abandon de toute sa terre d'Essises tant en domaine qu'en droits de justice et de seigneurie. Essises se trouve à l'ouest de °Viffort en empruntant la D86.

°LA SABLONNIERE (comm. de MONTREUIL-AUX-LIONS, 02/Aisne, canton Charly) 02310
Les Templiers commencèrent par posséder à La Sablonnière un bois nommé le Bois des Sablonnières ("nemus de Sabloneriis"), avec la gruerie que Marguerite, comtesse de Bourgogne, leur donna, par ses lettres de l'année 1199, pour en disposer comme bon leur semblerait. Ce bois ne tarda pas à être défriché en grande partie, ce qui donna lieu à un procès entre les frères du Temple et les hommes de la comtesse de Dhuisy ("de Oisiaco"), village voisin, lesquels prétendaient avoir des droits d'usage dans les parties défrichées. Pour terminer ce différend, on choisit comme arbitre le pape Innocent, qui délégua pour examiner l'affaire les prieurs de Saint-Victor et de Saint-Marcel à Paris.
Mais avant que ceux-ci aient donné leur avis, les hommes de Dhuisy s'étaient relâchés de leurs prétentions, et, par une déclaration du mois de janvier 1204, ils s'en remettaient à la décision des Templiers de Sablonnières ("Templariorum de Sabloneriis"), qui leur accorderaient ce qu'ils voudraient. La Maison de La Sablonnière continua à porter le titre de Commanderie, même après son annexion, comme membre, à la Commanderie de °Moissy. La maison était située dans un vaste enclos, sur le chemin conduisant à Gandelu. Elle fut rebâtie en 1462. Le domaine de la seigneurie s'étendait au-delà du territoire, au lieu dit "Terroir de l'Hôpital", au lieu dit "La Hérupe", et à la Fontaine-Meulière. En 1304, Jean de Cormeilles assistait dans la chapelle du Temple de la Sablonnière à la réception d'Adam né à Pontivy ou dans le Ponthieu. En 1305, Jean de Cormeilles assiste encore à la réception de Montonetus de Provins dans la chapelle de la Sablonnière.

°LAON (02/Aisne) 02000
Laon est une ville ancienne qui se trouve le long du parcours de la Via francigena. Barthélemy de Joux, ou de Vire, avait repris le diocèse de Laon dans un lamentable état de désastre et d'abandon. Désirant lui donner un nouvel élan de vie religieuse, il fit appel à plusieurs Ordres. Il favorisa l'Ordre de Prémontré, développa Cîteaux et encouragea l'Ordre du Temple en lui donnant la résidence de °Puisieux-sous-Laon. Au début de la même année, Louis VII confirma les possessions du Temple à Laon même.
La chapelle de Laon, de forme octogonale, peut être attribuée avec certitude aux Templiers. Ils la construisirent lorsqu'ils obtinrent l'autorisation d'y posséder un cimetière, privilège jusque-là réservé à l'abbaye Saint-Vincent. Le Temple de Laon est actuellement le mieux conservé des sanctuaires templiers. C’est dans le sud de la ville-haute, rue G. Hermand, que se trouve en effet la chapelle d’une Commanderie fondée en 1129. On peut voir un plan de la chapelle templière de Laon dans la revue Heimdal, n°26, p.9.
Elle est en pur style roman, avec une décoration sculptée qui intéresse la corniche dentelée, de forme octogonale, avec un clocher-pignon et un chœur s’achevant par une abside en cul-de-four. L'octogone représente l'intermédiaire entre la forme carrée, qui représente la Terre et la matière, et la forme circulaire, qui se réfère au Ciel et à la sphère spirituelle. L'abside simple, et avec la même décoration, a peut-être été ajoutée postérieurement, tandis que le clocher simple à calotte, élément fréquent des chapelles templières, se trouve à la conjonction de l'octogone avec le portique. Les secteurs des voûtes se rencontrent au point où est représenté un agnus Dei symbolique. Il faut aussi remarquer que la niche d’autel est située exactement en face de la porte d’entrée. La chapelle templière de Laon a huit côtés, une ouverture en forme de lanterne, et pas de déambulatoire annulaire. Mais son modèle ne se trouve pas en Orient (Saint-Sépulcre de Jérusalem) : il est à Laon même, dans le cimetière de l’abbaye Saint-Vincent-de-Laon, où une chapelle octogonale, aujourd'hui démolie, fut bâtie avant l’arrivée des Templiers dans la ville. Connue par deux anciens plans, les analogies de dessin sont, de fait, saisissantes, y compris l'abside terminale.
En symbolique zodiacale ancienne, le nombre huit, correspondant au signe du Lion, évoque l’idée de résurrection, d’où sa présence primitive dans le cimetière. Le jardin a été dessiné sur l'ancien cimetière du Temple. Une déposition du 11 avril 1308 est citée dans l'ouvrage de Michelet ; Gervais de Beauvais, précepteur du Temple de Laon, possédait un livret des statuts de l'Ordre qu'il montrait volontiers, mais il en détenait un autre plus secret que pour tout l'or il n'aurait montré à personne. Raoul de Presle dépose avoir recueilli de la bouche de Gervais de Beauvais, recteur de la Maison du Temple à Laon, que, dans le chapitre général de l’Ordre, il y avait une chose si secrète, que si, pour son malheur, quelqu’un la voyait, fût-ce le roi de France, nulle crainte de tourments n’empêcherait ceux du chapitre de le tuer à l’instant.

°MOISSY-LE-TEMPLE (comm. de MONTIGNY-L’ALLIER, 02/Aisne) 02810
La Commanderie-baillie de Moissy a été fondée suite à un don des seigneurs de Brumetz en 1160 par les seigneurs de Brumetz entre Neufchelles et Montigny-l'Allier. Une ferme occupe son emplacement. La plus ancienne charte qui nous apprenne l'existence du Temple de Moissy est celle de 1184. Le précepteur ou grand prieur de la maison s'appelait Pierre. A cette époque, Simon, évêque de Meaux, termina un procès entre les Templiers et Hugues, comte de Meaux, au sujet d'un droit d'usage que les Templiers prétendaient avoir dans le bois de Cerfroid ("in nemore de Cerfaei"). Il fut convenu, qu'ils auraient dans ce bois, le même droit d'usage que dans les bois qui appartenaient à leur maison de Moissy ("ad domum de Moysi"). Moissy-le-Temple avait le titre de Commanderie régionale pour la Thiérache. En 1297, Guidon de l'Oratoire fut reçu templier à Moissy. En 1299, Jean de Cormeilles (de Cormele ou de Cormellis), qualifié servant, du diocèse de Soissons, avait été reçu à l'âge d'environ 29 ans dans l'ordre du Temple en 1299, au mois de mars, par Raoul et Rémi de Plassy.
Vers 1301, Jean de Cormeilles assista à Moissy, à la réception de Milon de Saint-Fiacre, qui était prêtre ou le devint un peu plus tard et n'avait que 18 ans, par le même Raoul de Gisi précepteur de Champagne en présence du chapelain de Moissy, Albert de Reyans et de Guidon de l'Oratoire. En 1304, Jean de Cormeilles assistait dans la chapelle du Temple de °La Sablonnière à la réception d'Adam né à Pontivy ou dans le Ponthieu. Cette réception était faite par Jean de Sernois, précepteur de Moissy. Nous savons que ce Jean de Sernois a été aussi précepteur du temple d'°Oisemont dans le diocèse d'Amiens et du Temple de °Soissons. Dans un livre de M. E. Mannier intitulé ''Les Commanderies du Grand Prieuré de France", nous lisons ces lignes au sujet de Moissy : Moissy possédait au XVIème siècle pour la résidence du commandeur, un superbe château. C'était une véritable forteresse, avec fossés et pont-levis. Au milieu de la cour d'honneur, on voyait une petite église qui fut dédiée d'abord à St Christophe et ensuite à St Jean Baptiste. La chapelle de la commanderie de Moissy-le-Temple abrite les trois portes caractéristiques des églises templières. Près du Château était la ferme, et un peu plus loin, un moulin banal sur la rivière de Clignon. Cette rivière appartenait à la Commanderie depuis le pont Poulin, jusqu'à la rivière d'Ourcq. Une courte distance, 1500 mètres, sépare le village de Montigny-L'Allier de la Commanderie de Moissy. Un petit édifice carré, avec tourelle d'angle, construit au XVIème siècle, et qui devait servir de conciergerie nous annonce le commencement de la propriété, que borde sur la route un mur épais, flanqué de deux échauguettes; un peu plus loin, l'on entre dans une vaste cour et l'on se trouve en présence de ce qui fut autrefois la Commanderie de Moissy-le-Temple. La commanderie possédait un grand marais compris entre Moissy, Fulaines, la rivière d'Ourcq et les bois de Cresmes. A Bourneville, à une lieue de Moissy, il y avait une grange dîmeresse qui servait à renfermer le produit des dîmes du-dit Bourneville (Oise) et de Vaux-Parfond (Oise) lesquelles appartenaient à la commanderie. La Maison de °La Sablonnière sur la commune de Montreuil-aux-Lions en dépendait ainsi que le domaine de °Brumetz.

°MONT-DE-SOISSONS (comm. de SERCHES, 02/Aisne, arr. Soissons, canton Braine) 02470
En 1133, Gauthier, évêque de Soissons, à cause du dévouement que les Templiers montraient à la religion, faisait donation aux Templiers de °Courtil-de-Sèches des menues dîmes de sa cour ou ferme de Serches à la condition qu'ils lui paieraient un cens de douze deniers chaque année (Archives Nationales S 4952 N° 44). La Commanderie de Mont-de-Soissons ("ad domum de Monte Suessionensi") avait rang de Commanderie régionale pour le Soissonnais. Le dernier acte où figure Hugues de Payns est daté de 1133-1134 et concerne cette Commanderie. Des lettres de Anscufle, autre évêque de Soissons, de l'année 1157 portent que Eudes, seigneur de Saint-Médard, donnait alors aux frères du Temple, sa maison et ses terres censuelles et vinales avec son héritage mobile, pour en jouir seulement après sa mort. Godefroy, abbé de Saint-Médard, donna, en 1200, aux Templiers pour obtenir en faveur de son église le bénéfice de leurs prières, un champ que son couvent avait à Serches, près de leur maison, sur le Mont-de-Soissons. Le corps de logis de 19m de long, le pigeonnier, la chapelle avec son chevet arrondi et la grange templière divisée en deux nefs s'inscrivent dans un vaste quadrilatère. En partie détruite lors de la Guerre de Cent Ans, la chapelle templière fut restaurée par les Hospitaliers. En 1230, frère Robert ("Robertus") était précepteur de Mont-de-Soissons et en 1295 frère Hugues Parant lui succéda. La Commanderie de Mont-de Soissons est voisine de celle d'°Ambrief.

°MONT-HUSSARD (comm. de COURCELLES-SUR-VESLES, 02/Aisne, canton de Braine) 02220
Des lettres de l'official de Soissons, du mois de juillet 1250, portent que Ancel de Bugnies, se disant chapelain de la maison du Temple de Monthaucart –Mont-Hussard-, au diocèse de Soissons, a abandonné aux maître et frères de la chevalerie du Temple tout ce qu'il avait acheté et pourrait acheter par la suite, en vignes ou autres choses, compris entre les rivières de l'Aisne et de la Vesles ("inter ripariam Auxone et ripariam Vitule").
Un seigneur du pays, Lambert de Ciry, "de Cyriaco", en vertu des lettres données sous le sceau de l'archidiacre de Soissons, du mois d'avril 1266, concéda aux Templiers plusieurs pièces de terre qu'il avait acquises sur le mont de Mont-Hussard ("in monte de Monte Haucard"), aux lieux dits à la Couture "de Frambour", à la Maunière, "à la Monioie", au chemin du Pont, contre les terres du Temple, dans la censive de Saint-Médard, etc La Commanderie de Mont-Hussard, qui comprenait une Maison, une grange et la chapelle Sainte-Anne, était située sur le chemin de Courcelles à Vailly-sur-Aisne. La maison de Mont-Hussart ("domus de Monthaussart") dépendait de la Commanderie de °Mont-de-Soissons. Entre l’Aisne et la Vesles, on trouve encore les vestiges de la grange templière du XIIIème siècle et le puits à deux niveaux de sources. La statue de Ste Anne est un des vestiges de la chapelle templière détruite.

°MONTIGNY-L’ALLIER (02/Aisne) 02810
Voir °Moisy.

°OULCHY-LE-CHATEAU (02/Aisne) 02210 Oulchy-le-Château, entre Château-Thierry et °Soissons, possédait une Maison templière sous la dépendance du Mont-de-Soissons.
Il y avait à Oulchy, sous le château même, une grange ("grangie de Ulcheia"), qui servait aux Templiers pour renfermer le produit des dîmes qu'ils percevaient à Oulchy-le-Château et à Oulchy-la-Ville, à raison des deux tiers, à l'encontre du prieur d'Oulchy pour l'autre tiers. Dans un terrier de 1392, on voit que cette grange n'existait plus. Elle avait été brûlée pendant les guerres par les Anglais. A l’ouest du château de Oulchy-le-Château, on trouve l’amorce du souterrain templier de °Billy-sur-Ourcq.

°PUISIEUX (comm. de CHAMBRY, 02/Aisne, canton Laon) 02000
Les Templiers de Puisieux avaient implanté leur Maison au nord de la commune de Chambry, près de Laon. Elle était située à un important carrefour : St Quentin-Laon-Reims (A26) et Soissons-Laon-Vervins (N2).

°ROCOURT (comm. de SAINT-QUENTIN, 02/Aisne) 02100
En empruntant l'ancien chemin de Ham, au sud-ouest de Saint-Quentin, on traversait Rocourt, un domaine templier.
Voir °Saint-Quentin.

°ROZIERES-SUR-CRISE (02/Aisne, arr. Soissons, canton Oulchy-le-Château) 02200
Au sud de Soissons, sur la route d’Oulchy (D1), les Templiers possédaient une Maison à Rozières-sur-Crise.

°SAINT-QUENTIN (02/Aisne) 02100
La ville de Saint-Quentin est placée sur les deux bords de la Somme, dans un endroit, où, depuis toujours, on traversait cette rivière. La chaussée romaine allant de Reims à Amiens, passait par Saint-Quentin et Vermand. L'établissement des Templiers à Saint-Quentin date de 1150. La Maison du Temple ou Maison de la "Monnaie" de Saint-Quentin, fut un des plus importants ateliers monétaires des rois de France aux XIII, XIV, et XVème siècles (dans l'actuelle rue du Gouvernement). D'autres rues évoquent leur présence : rue du Temple, rue Four du Temple dès 1239 (un four à pains, près de la Maison du Temple), ou rue de la Monnoye (du à l'atelier de frappes de la monnaie établi dans la Maison du Temple). En 1165 fut construit l'hôpital Saint-Ladre (puis Saint-Lazare) pour accueillir les lépreux.
Le Labyrinthe ou "La Lieue de Jérusalem" est située dans la nef de la Basilique de Saint-Quentin. Le sol de la nef est construit en dalles carrées de couleur noires et blanches, en forme de labyrinthe octogonal de 11 mètres 60 de diamètre.
Voir °Rocourt.

°SOISSONS (02/Aisne) 02200
Soissons fut la capitale des premiers rois mérovingiens. En provenance de °Senlis, d’°Orrouy-sur-Authonne ou de °Mortefontaine, les Templiers pouvaient s’héberger dans leurs Maisons à Soissons, sises rue des Rats et rue de la Trinité. Cette dernière, dite "Maison de la Croix de Fer", servait de lieu de justice. Toutes ont disparu. Soissons présente une étonnante concentration de lieux templiers, avec pas moins de douze commanderies dans un rayon de 20 kilomètres : °Mortefontaine, °Vaux-Saint-Nicolas, °Billy-sur-Ourcq, °Oulchy-le-Château, °Rozières, °Ambrief, °Mont-de-Soissons, °Vailly, °Chavonne, °Chassemy, °Mont-Hussard et °Vieil-Arcy. Frère Jean de Sarnage, précepteur de la Maison des Templiers de Soissons, en recevant Bertrand de Montigniac, et après lui avoir fait jurer à plusieurs reprises de garder religieusement les statuts secrets de l’Ordre, lui montre une croix sur laquelle était l’image de Jésus. Il lui dit de point croire en ce dernier, mais de croire au Dieu supérieur du ciel qui seul pouvait le sauver. Jean de Sernois, précepteur de °Moissy, a été aussi précepteur du Temple d'°Oisemont dans le diocèse d'Amiens et du Temple de Soissons.

°THONY (comm. de PONTAVERT, 02/Aisne, arr. Laon, canton Neufchatel) 02160
Les trois préceptories importantes du Laonnois étaient °Bertaignemont, Thony et °Catillon-du-Temple. Pontauvert se trouve au bord de l'Aisne entre Laon et Reims. A mi-chemin entre Pontavert et Craonne (D89) se trouvent les ruines de la chapelle templière de Thony (Thomy ou Thory) au lieu-dit "Le Temple", à l'est du Bois de Beau Marais, comme indiqué sur la carte de Cassini. Cette chapelle templière était liée à la Commanderie de Pontavert dont "la ferme du Temple" date de 1150.

°VAILLY-SUR-AISNE (02/Aisne, arr. Soissons) 02370
A l'est de Soissons, dans la fourche formée par l'Aisne et la Vesle, cinq commanderies quadrillent un secteur d'une douzaine de Km de côté : Vailly-sur-Aisne, °Chavonne, °Chassemy, °Mont-Hussard (vestiges sur la commune de Courcelles-sur-Vesles) et °Vieil-Arcy. Sur la carte de Cassini, on note qu'un bac permettait de franchir l'Aisne à Vailly. La Maison de Vailly ("domus de Valiaco") fut une des dernières implantées par les Templiers dans le Soissonais. Pierre, sire de Chambly, chambellan du Roi, et Marguerite, sa femme, vendirent au mois de mai 1293 aux frères de la chevalerie du Temple leur manoir seigneurial, "comme il est pourcainz et enclos de murs, séant à Veesli, en la diocèse de Soissons, au dehors de ladite ville de Veesli, près de la rivière de Aisne par devers Soissons", avec 74 arpents de vigne, pré, bois, labour et les revenus seigneuriaux qui en dépendaient en divers lieux, savoir :
"Au Treffons Saint-Pierre de Corbie, au lieu dit à la Croix de Aisne, en Thorel, entre deux rues, au Chouquet, Aube Voie, en Josuet, à la Praele, à la Croisette" ;
"Au Treffons le Roy à Veesli, au lieu dit Grimesson, au Lus, en FleuberL, as Noès, au Queminet, en Monceaus, à la Plante, au Roncoi" ;
"Au Treffons Saint-Pierre, au lieu dit en la Prée desseur Ery, en Loisi, à l'Arbre-Vert, as Arbrisseaux" ;
"Au Treffons le Roy à Veesli, au Champ le Roy, as Fosses, en Liémontay, en Ruelle Buigny" ;
"Au Treffons Saint-Nicolas, à la Maresche, en Tiernant, en Vaus Liendine" ;
"Au Treffons Notre-Dame d'Acy, à la Folie, au Val de Aisi" ;
"Au Treffons Robert Lecomte" ;
"Au Treffons Notre-Dame de Soissons, as Cuens, au Fay, en la Couturelle, dessous le Bos" ;
"Au Treffons de Saint-Pierre de Corbie, en Couroi" ;
"Au Treffons Saint-Pierre du Parvis de Soissons, au Sart" ;
"Au Treffons Saint-Jean de Laon, en Filéniaus".
La maison de Vailly, sous les Hospitaliers, prit le nom de l'Hôpital de Mont-Pigeon.

°VAUX-SAINT-NICOLAS (comm. de MERCIN-ET-VAUX, 02/Aisne, canton Soissons) 02200
La Maison de Vaux-Saint-Nicolas était située sur la commune de Mercin (St Léger de Mersin sur la carte de Cassini) à l’ouest de Soissons en direction de °Mortefontaine. Cette maison est mentionnée dans des lettres de Garin, archidiacre de Soissons, de l'année 1220, par lesquelles Gilles de Ressons ("de Ressuns"), et sa femme, ont vendu aux frères de la chevalerie du Temple une vigne d'environ vingt setiers, située à la porte de la Maison du Temple de Vaux ("ad portam domui Templi in Vallibus"), quitte de toutes charges, sauf d'un denier de cens. D'après l'état de 1309, il appartenait à la maison de Vaux-Saint-Nicolas ("ad domum de Vaus Sancti Nicolai"), 28 arpents de vigne, trois arpents et demi de pré, un moulin appelé Caillouel, un pressoir et diverses rentes et cens seigneuriaux. La maison, qui était située dans la rue Beniart et allait jusqu'au chemin de la Procession, fut détruite pendant les guerres du XVème siècle.

°VIEL-ARCY (02/Aisne, cant. Braine) 02160 A l'est de Soissons, dans la fourche formée par l'Aisne et la Vesle, cinq Commanderies quadrillent un secteur d'une douzaine de Km de côté : °Vailly-sur-Aisne, °Chavonne, °Chassemy, °Mont-Hussard (vestiges sur la commune de Courcelles-sur-Vesles) et Viel-Arcy.
Cette ancienne Maison du Temple, qu'on a ensuite nommée "L'Hôpital", était située sur le chemin conduisant de Viel-Arcy au Pont-d'Arcy, au nord-est de Braine. Aubert Giraut et Thiery, fils de Pierre le Varenier, par des lettres de l'official de Soissons, du mois d'août 1236, donnèrent aux frères de la chevalerie du Temple des terres sur divers territoires, à Vauberlin, au Bois-de-Vausere, devant le Pont-d'Arcy ("ante Pontem Arsei"), au moulin de Viel-Arcy ("ad molendinurn Veteri Arseio"), au Gros-Aulne ("ad grossum Alnetum"), etc. Les terres qui dépendaient de la Maison de Viel-Arcy représentaient une centaine d'arpents.

°VIFFORT (02/Aisne, arr. Château-Thierry, canton Condé) 02540
A Viffort (entre Château-Thierry et Montmirail) se trouvait une autre Commanderie dans la mouvance de celle de °La Ferté-Gaucher. La maison du Temple de Viffort et sa chapelle dédiée à saint Georges, se voyaient au XVIème siècle, sur la gauche de la route de Château-Thierry à Montmirail, dans l'angle formé par la rencontre du chemin de Viffort à Chamblon, avec celui conduisant à la Malmaison. La chapelle de Viffort, fut en grande partie détruite durant les guerres du XVème siècle.
Elle avait deux membres :
- °Essises, terre et seigneurie qui avait été donnée au Temple au début du XIIIème siècle par la veuve de Gillon de Chalons ;
- °Château-Thierry, une Maison (sur la route de °Château-Thierry à Montmirail) et quelques prairies situées près du pont de la Marne.
Les Templiers de Viffort eurent de nombreux démêlés au XIIIème siècle, avec les seigneurs de Montmirail, au sujet de la justice du lieu qu'ils habitaient. Une sentence arbitrale du mois de septembre 1229, vint mettre un terme à ces conflits, et il fut alors reconnu que la haute, moyenne et basse justice de Viffort et de ses dépendances, appartenait à Jean, seigneur de Montmirail, et que les Templiers n'auraient le droit qu'une fois par an, de tenir les plaids dans leur maison, en ne pouvant se servir d'autres sergents que de ceux du seigneur de Montmirail.