Le blason des Hautpoul,
derniers seigneurs de Rennes-le-Château

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Le Coq est le symbole de "l'éveilleur". Il figure sur les armoiries de la maison des HAUTPOUL de Rennes-le-Château.
"D'or à deux fasces de gueules accompagnées de six coqs de sable crêtés becqués et barbés de gueules, posés 3, 2 et 1."

Armoiries de la maison des HAUTPOUL (RLC)


La Seigneurie de Rennes (Aude) au XVIIIème siècle
thèse de René Descadeillas (1958-60)

Le nom d’Hautpoul est attesté dans les archives à partir de 930. En 960, Bernard Raymond d’Hautpoul négocie un traité de paix entre le Roi de France et les principaux seigneurs du Languedoc. En 1096, Pierre-Raimond d’Hautpoul se distingue au siège d’Antioche, en Palestine, lors de la première croisade.

Les Hautpoul ont pénétré dans la baronnie de Rennes en 1422.
En 1730, le domaine de François d’Hautpoul (1689-1753) se borne, à Rennes, au château et aux terres qui en dépendent, aux deux métairies de Carla et de Capia, à quelques terres dispersées : en tout près de deux cents arpents.
Aux Bains de Rennes, tout proches, trois métairies lui appartiennent, couvrant, réunies, une centaine d’arpents : Montferrand, Pech-des-Viala et Bordeneuve.
Plus haut, il exploite les vastes bois de Bézis. A Granès et au Bézu, il cultive quelques terres. A ces revenus agricoles, il ajoute celui des bains de Rennes, dont les thermes sont déjà très fréquentés.

En novembre 1732, à 44 ans, il se marie avec une jeune orpheline de 19 ans, Marie de Nègre d’Ables, dernière représentante de la branche aînée de sa famille.
François d'Hautpoul releva le titre de marquis de Blanchefort tombé en désuétude, que lui apporta en dot son épouse Marie de Nègre d'Ables (1714-1781), dame de Niort, de Roquefeuil et de Blanchefort.

De père en fils, ses aïeux sont baillis pour le roi du pays de Sault. Depuis la mort de son père, en 1726, elle a été élevée par son oncle, François de Montroux.
Elle apporte à son mari ses droits de coseigneuresse de Niort, la seigneurie de Roquefeuil, achetée par sa mère au roi de France en 1720, des fiefs nobles à Mérial, Fontanès, avec les deux grandes métairies d’Aulis et de Canals.

En 1733, pensons-nous, naît sa fille aînée, Marie. Nous ne pouvons pas savoir exactement quand naquit la seconde, prénommée Marie-Anne Elisabeth.
Mais le 8 octobre 1737, on baptise son fils Joseph, qui mourra en bas âge le 8 mars 1739.
Un mois plus tard, le 5 avril, naît une troisième fille, Marie-Anne Gabrielle.
Il n’aura pas d’autre enfant. Et l’absence de postérité mâle explique pourquoi, à la mort de François d’Hautpoul, s’éteindra la branche des Hautpoul de Rennes.
François d'Hautpoul dernier seigneur de Rennes repose depuis 1753 dans Eglise Saint-Martin de Limoux, chapelle Saint Sébastien, aujourd'hui Sainte Catherine.

Au fond du cimetière, près de l'église, se dressent deux pierres tombales, dont celle de Marie de Négri d'Albes, morte en 1781, épouse de Francis d'Hautpoul, seigneur de Rennes-le-Château.

Epitaphe de Marie de Nègre d'Ables;
des anomalies font apparaître les mots-clés :
MORT, EPEE, TOMBE, PIERRE.



Sur l'épitaphe de la stèle funéraire de Marie de Nègre d'Ables, plusieurs anomalies sautent aux yeux.

Epitaphe de la stèle funéraire de Marie de Nègre d'Ables



Dalle de la marquise Marie de Nègre d'Ables
L'inscription ET IN ARCADIA EGO est décomposée de 2 groupes de 8 lettres.

Dalle de la marquise Marie de Nègre d'Ables





Les 2 arches représentées sur la dalle des chevaliers existent dans le Chateau d'Hautpoul à Rennes-le-Château !

dalle des chevaliers



arche châteu hautpoul à RLC



En 1611, Louis XIII donne mission à Jean Vauquelin des Yvetaux, lieutenant-général en Languedoc, de rendre impraticable une série de galeries et de souterrains dans la région de Rennes. En octobre 1661, Jean de Loret, poète et échotier, évoque, dans sa Gazette burlesque, la découverte partielle d'un trésor dans le diocèse d'Alet. Blaise d'Hautpoul, seigneur de Rennes et l'évêque Nicolas Pavillon, s'en disputant la propriété.

Alet et les vestiges de l’abbaye Sainte_Marie



La maison d'Hautpoul détiendrait des reliques de Marie Madeleine qu'elle aurait confiées à l'abbaye d'Ardorel.

Marie-Madeleine

Culte de Marie_Madeleine à RLC



En Autriche, à Frohsdorf, vivait la Comtesse de Chambord, épouse d'Henri V. Son médecin était le docteur Edouard Carrière, originaire de Limoux. N’oublions pas que le premier don offert à l’abbé de Rennes-le-Château fut celui de la comtesse de Chambord, Marie-Thérèse de Modène, veuve du prétendant au trône de France, Henri V (comme par hasard mort en exil à Frohsdorf en Autriche, et parente de Jean Salvator de Habsbourg). La comtesse de Chambord est un maillon intéressant dans la longue chaîne des évènements du Razès, car elle marqua un profond intérêt pour les Hautpoul et une possible lignée mérovingienne de cette famille liée à la descendance de Jésus-Christ.





L'héraldique, ou science des armoiries, est très codifiée, et a une signification précise qu'autrefois on savait lire au premier coup d'œil. Un vocabulaire excessivement précis et des règles rigoureuses en commandent le "langage imagé".

Comme émaux, on trouve ;
1) les métaux : OR et ARGENT
2) les couleurs : GUEULES (rouge), AZUR (bleu), SABLE (noir), SINOPLE (vert), POURPRE (violet), ORANGE (orangé), et TENNE (marron).
3) les fourrures ; VAIR et CONTRE-VAIR, HERMINE et CONTRE-HERMINE;

Dans l'écu, la place de ces différents émaux est codifiée très précisément :
a) Pour les horizontales : Coupe, chef, fasce (à 2, 4, 8 ...), jumelles, tierces, devise, comble, champagne ...
b) Pour les verticales : parti, pal (à 1, 2, 3, ... pièces), vergette ...
c) Pour les obliques : tranché, taillé, bande (à 1, 2, 3... barres) ...
d) Pour les damiers : écartelé, coupé en pal ou en contre-pal, 5 points équipôlés, échiqueté ...

On trouve également la traverse, le cotice, le sautoir, le chevron, le mantelé, l'emmanché, le gironné, le pairle, le vivré, l'enclavé, le crénelé, l'écoté, le lambel, la bordure, l'orle, la filière ... et j'en passe !

Il y a aussi les nombreux signes héraldiques
1) symboliques : fusée, écusson, croix (de nombreuses sortes) ...
2) ou figuratifs : lion, aigle, licorne, griffon, faucon, merlette, qui se distinguent s'ils sont armés, allumés, hissants, affrontés, adossés, mono- ou bi-céphale ...
3) ou encore des figures expressives simples ou stylisées : roue, cor, chardon, nef, tour, ancre ...

Ce n'est pas parce qu'un blason arbore la couleur bleue (émail "azur") qu'il faut y voir un rapport avec la royauté (allusion au "bleu roy").
Que, sur des armoiries, l'on trouve uniquement le blanc ("argent") et le noir ("sable"), cela n'a rien de choquant : en général, plus les "armes" sont simples, plus elles sont anciennes.
La fleur de lys est un iris stylisé, la "fleur de France", celle à 6 pétales - 3 concentrés, 3 épanouis.