Alet et les vestiges de l’abbaye Sainte-Marie

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Aleth est la ville de vérité (Aletheïa = vérité en grec)

L’abbaye Bénédictine d’Aleth, créée en 813 par le comte du Razès Béra IV dit "le Bolo" (755-836) et son épouse Romella, est construite dans les remparts du village. En 1096, le Pape vint visiter Alet.

(…) "Et nous découvrîmes un document indiquant qu'elle appartint aux Templiers entre 1132 et 1180" (…), peut-on lire page 230 dans la Montagne Sacrée.
Alet sera érigé en évêché en 1318 sous le nom latin de ELECTENSIS.

Les vestiges de l’abbaye Sainte-Marie "Vicus Electus et monasterium Sanctae Mariae", partiellement dévastée par les Huguenots en 1577 pendant les guerres de religion, sont impressionnants.

Ruines de l'abbaye d'Alet

abbaye Notre Dame d'Aleth ... sur le site internet "Lieux sacrés"



Il en reste la cathédrale Notre-Dame [de la Rose ?], la salle capitulaire et la porte Nord. D'important vestiges s'élèvent tout près de la route, ceux de l'ancienne abbaye du XIe, nef à 6 travées, flanquée de deux collatéraux, un chœur en abside polygonal à 5 pans, un transept dont il ne reste qu'un seul bras.

Le chevet roman resté en place est à cinq pans en très beau grès rouge ou ocre. Ses cinq contreforts sont surmontés de chapiteaux corinthiens richement ornés. On ajouta au XIIe une tribune pour accueillir les pèlerins. A l'intérieur de l'abside une corniche plus légère relie les deux chapiteaux corinthiens.

La salle capitulaire fut refaite et possède un entrée romane, de hautes ogives retombent sur des supports rapportés ou sculptés et sur certains chapiteaux romans. Elle donnait sur le cloître qui a disparu.

C’était une basilique à trois nefs, à six travées, avec des bas-côtés et un transept peu saillant. L’abside, formée d'un polygone à cinq pans et placée du côté du levant, était la partie la plus remarquable de cet édifice.

Ruines de l'abbaye d'Alet - chœur en abside polygonal



Ce chœur en abside polygonal semble avoir été représenté dans le tableau de VAN DER WEYDEN.

Maurice Leblanc nous signale que le tableau "Adoration des Rois Mages / retable de Sainte Colombe" peint par VAN DER WEYDEN vers 1450-1456 est la "Clef de l´Aiguille Creuse".

Le paysage en arrière-plan représente Arques à gauche, Rennes-les-Bains "en face", Couiza et Rennes-le-Château en "haut", l'église d'Alet à droite.

Triptyque Les Rois Mages - Présentation au Temple - Alet ?

Adoration des Rois Mages / retable de Sainte Colombe



Certains archéologues pensent que le chœur semi-circulaire de l'Église de Notre-Dame d'Alet pouvait bien être en totalité ou du moins en partie, l'antique Temple de Diane. Était-ce un édifice complet, le Sacellum de la Déesse, ou bien une stèle massive ou carrée au faite pyramidal ayant au milieu une cavité destinée à abriter l'Idole ? Un Cippe ou Autel votif en marbre provenant de la ville d'Alet est conservé au musée des Grands-Augustins de Toulouse. Sur la face de devant est inscrit : "A la Mère des Dieux, Cnéius Pompéius Probus, Curateur du Temple (...)"

Après son débarquement aux Saintes Maries de la Mer, Marie-Madeleine se serait rendue dans le Razès. C'est à Alet-les-Bains que Marie-Madeleine se serait installée, précisément à l'emplacement de la future cathédrale Notre-Dame [de la Rose ?]. Prêchait-elle comme à Marseille devant le Temple de Diane ?

Marie-Madeleine à la Sainte Beaume





En 1611, Louis XIII donne mission à Jean Vauquelin des Yvetaux, lieutenant-général en Languedoc, de rendre impraticable une série de galeries et de souterrains dans la région de Rennes. En octobre 1661, Jean de Loret, poète et échotier, évoque, dans sa Gazette burlesque, la découverte partielle d'un trésor dans le diocèse d'Alet. Blaise d'Hautpoul, seigneur de Rennes et l'évêque Nicolas Pavillon, s'en disputant la propriété.



Nicolas Pavillon (Paris, 17 novembre 1597 - Alet, 8 décembre 1677) est un ecclésiastique français, disciple de Vincent de Paul, acquis à la cause janséniste. Le cardinal de Richelieu nomme Nicolas Pavillon, en 1637, évêque du petit diocèse d'Alet, où il restera pendant quarante ans, de 1637 à sa mort. Il repose dans le cimetière paroissial d'Alet-les-Bains, sous une dalle sans nom. Son nom est associé à Notre Dame de Marceille près de Limoux, lors de son ordination.

Notre_Dame de Marceille (près Limoux), sanctuaire de Dieu



Dès l'Antiquité, l'ancien "Electa" (Alet-les-Bains) était connu pour ses eaux curatives et son climat.

Aleth, ville de vérité (Aletheïa = vérité en grec), serait-elle la Nouvelle Jérusalem ?

"Ainsi dit l'Éternel: Je suis revenu à Sion, et j'habiterai au milieu de Jérusalem; et Jérusalem sera appelée la ville de vérité, et la montagne de l'Éternel des armées, la montagne sainte." (Zacharie 8)



Dans l'église Saint André d'Alet, les vitraux, de la forme du sceau de Salomon (étoiles à 6 branches), s’ornent des représentations des 4 évangélistes. Luc est souvent représenté dessinant la Vierge. Il est le seul évangéliste qui dessine.

Eglise Saint André d'Alet - les 4 évangélistes(ici Saint Luc) dans les sceaux de Salomon



A l’intérieur de l’église, dans la chapelle située à gauche dans le chœur, se trouve l’acte d’inauguration du nouveau chemin de croix datant du 30 novembre 1882. En bas de ce document, se trouvent de nombreuses signatures de prêtres, dont celle de Bérenger Saunière.

Bérenger Saunière fut ordonné prêtre le 7 juin 1879. Le 16 juillet il prit ses premières fonctions de vicaire à Alet. Il y resta trois ans.

Cette même chapelle est ornée de magnifiques fresques de vie de St Benoît ainsi que de superbes statues, telles St Michel terrassant le dragon (avec des bras et des jambes ?), St André ou une antique Vierge du XIème siècle.

Eglise Saint André d'Alet - St Miche terrassant le dragon





Michel de Notredame, dit Nostradamus (1503-1566) tenait son nom du village de ses ancêtres : Notre-Dame d’Alet (vallée de l’Aude). Il réunit les qualités de Médecin, astrologue, devin et mage.

Après Carcassonne, Nostradamus vécut quelques années à Alet. Michel de Nostredame, alias Nostradamus a des grands-parents juifs convers établis dans la cité d’Aleth.

On peut encore voir sa maison sur la place du village. Cette dernière porte sur ses murs extérieurs de biens étranges gravures. cette fameuse maison se trouve à l'angle de la Place de la République et de la rue Malbec ancienne ruelle qui menait à la Porte d'Aude aujourd'hui disparue.

Symboles sur la maison de Nostradamus à Alet



La rue de la Juiverie, une des rues principales d'Alet, dénote l'importante commnunauté présente dans ce lieu élu.

Nostradamus, dans certains quatrains, fait allusion au "trésor énigmatique" caché dans un site archéologique près des monts Pyrénées :

Le camp du temple de la vierge vestale,
Non esloigné d'Ethne & monts Pyrenées:
Le grand conduict est caché dans la male,
North getes fluues & vignes mastinées.

Du Triumvir seront trouvez les os,
Cherchant profond thrésor ænigmatique,
Ceux d'alentour ne seront en repos;
Ce concaver marbre et plomb métallique.

Ces quatrains annoncent la découverte du tombeau de Constant, empereur romain de 337-350. Troisième fils de l'empereur Constantin Ier, qui le proclame César,en 323. En janvier 350, Constant fut victime d'une conspiration militaire. Peu après, Constant fut tué par les hommes de Magnence avant d'atteindre Elne (Ethne) près de Perpignan. En fait, Constant ne serait pas mort assassiné à Elne près de Perpignan qu'il n'a pu atteindre mais à Coustaussa (de son ancien nom : Villa Quae Contantium) dans la haute vallée de l'Aude. Les chroniqueurs disent qu'on ne lui a pas fait l'honneur d'un temple. Son corps a été placé à Rennes-les-Bains dans un temple souterrain qui existait déjà... Ces ossements seront alors faussement attribués au Christ.

L'église de Saint Salvayre (à 6 km d'Alet)