Les maisons du Temple dans le Val d'Oise

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Montmorency - Grande Maison appelée Le Temple rue de l’Etang



°BAILLON (comm. d' ASNIERES-SUR-OISE,95/Val-d’Oise) 95270
Un autre établissement templier est situé au hameau de Baillon au nord de Luzarches vers le bois de Royaumont entre ceux de °Beaumont-sur-Oise et de °Puiseux-en-France. Le château de Baillon, situé sur la Thève, un des affluents de l'Oise, entre le Lys et la Morlaye, et à une petite lieue de Viarmes, était un fief qui relevait du Roi à la fin du XIIIème siècle, et appartenait alors à Pierre de Chambly, comte de Beaumont et sire de Viarmes. Les Templiers le tenaient en arrière-fief de ce dernier. Le prieuré de Baillon fut fondé vers 1220 antérieurement à l’abbaye de Royaumont. Il fut constitué au détriment de la terre de Baillon. Il appartenait aux Templiers puis fut rattaché à la Chapelle Sainte Anne du château royal d’Asnières. Philippe IV, par ses lettres du mois d'août 1290, et Pierre de Chambly, par les siennes du mois de septembre 1294, accordèrent tout amortissement aux Templiers pour leur Maison de Baillon ("pro domo de Volinis"), les terres, la justice, et les autres dépendances qu'elle comportait. Nous ignorons si, à la chute des Templiers, le fief de Baillon passa en la possession des Hospitaliers. Rien n'en fait mention; et il n'est plus question de cette maison au XIVème siècle.

°BEAUMONT-SUR-OISE (95/Val-d’Oise, arr. Pontoise, cant. L'Isle-Adam) 95260
Située entre la butte de la forêt de Carnelle et l'Oise. Elle est créée par l'administration romaine à un point de franchissement de l'Oise par la voie Paris-Beauvais. Au premier siècle de notre ère, le passage de l'Oise s'effectue à gué et un cimetière est établi au sud de la ville. Au IIème siècle le passage de l'Oise s'effectue par un pont dont les pieux de fondation ont été retrouvés dans le lit de la rivière. De nombreux ateliers de potiers ont existé sur l'ensemble de la ville antique. Cette ville est située à proximité de la forêt de Carnelle qui fournissait le bois pour les fours et le sable pour la pâte. Les Commanderies de Beaumont-sur-Oise et de °Bernes-sur-Oise, au nord de celle de °Cernay, occupaient chacune une rive opposée de l'Oise.

°BERNES-SUR-OISE (95/Val-d’Oise) 95340
Citée dans une charte de 820 sous le nom de "Bagerna", cette petite ville ancienne de Bernes-sur-Oise à flanc de coteau fut un fief de l'abbaye de Saint-Denis en 799, une seigneurie des Beaumont au XIIème siècle et le siège d'une importante Commanderie de l'Ordre des Templiers au XIIIème siècle, sous la dépendance de celle de °Messelan. Les Commanderies de °Beaumont-sur-Oise et de Bernes-sur-Oise, au nord de celle de °Cernay, occupaient chacune une rive opposée de l'Oise. La Maison de Bernes résulte d'une charte du roi Philippe IV, datée de Breteuil au mois de septembre 1294, par laquelle ce monarque amortit aux religieux hommes, trésorier et frères de la maison de la chevalerie du Temple, toutes les acquisitions qu'ils avaient faites en ses fiefs et arrière-fiefs de la châtellenie de Beaumont, pour leurs maisons de Bernes ("Baerne"), de Jouy-le-Comte ("Joy"), de Baillon ("Boolines"), de Bellay-en-Thelle ("Beelay"), et du Mesnil-Saint-Denis. Nous trouvons en 1237, les Templiers en possession à Bernes, de quelques terres qu'un seigneur du lieu, Adam de Baerne, leur avait vendues. Leur installation dans ce village ne nous est connue que plusieurs années après; en 1250, par deux chartes de deux bourgeois de Beaumont : Guillaume Mancion et Pierre Ascelin, portant vente aux frères de la chevalerie du Temple de Vernes ("fratribus militie Templi de Baernia"), de deux arpents de terre aux lieux-dits les Agets ("Agetis"), et derrière les plantes de Jouy, au territoire de Bernes.
En 1256, Pierre de Triangle cédait aux Templiers de Bernes, pour le prix de 21 livres parisis, huit muids de vin à prendre tous les ans sur les droits d'issue du pressoir de Bernes et de Bruyères, village voisin, tenu en fief d'Enguerran de Triangle, son oncle. Deux années plus tard, c'est-à-dire en 1258, le même Pierre de Triangle engageait entre les mains des Templiers sa terre de Bruyères, pour une somme de 420 livres parisis que lui avait prêtée le Grand-Maître du Temple. La même année, un autre seigneur, nommé Jean le Charmeur ("Johanes dictus Charmator"), leur vendait un fief relevant de Jean de la Roche-Guyon ("de Pupe Guidonis"), consistant en droits de cens et de champart, et notamment en douze journaux de terre arable à Bernes ("apud Bahernam"), au lieu dit "le Luat", cinq journaux à la Couturelle, une maison devant l'église, etc. De ce fief, en relevait un autre, appartenant en 1259, à Marguerite la Boursière, "Burseria", qui en fit la cession la même année, avec d'autres biens aux Templiers. Un autre fief plus important, nommé le fief de Thyboville, relevait au XIIIème siècle du Temple de Bernes. La maison de Bernes était bâtie dans un enclos de quatre arpents de terre, qui se trouvait entre la grande rue du village et le chemin de Chambly à Boran.

°CERNAY (comm. d' ERMONT, 95/Val-d’Oise, arr. Versailles, cant. Argenteuil) 95120
La Commanderie principale de Cernay, hameau au sud de la commune d'Ermont, est un don des seigneurs du lieu aux Templiers qui date de 1269. A cette Commanderie-baillie étaient rattachés les établissements de °Rubelles (commune de Saint-Prix), °Sarcelles, °Bellay-en-Thelle et °Puiseux-en-France.

°GONESSE (95/Val-d’Oise) 95500
À 16 kilomètres au nord-nord-est du cœur de Paris, Gonesse se situe de part et d'autre de la vallée du Crould, aux portes de la Plaine de France. Avant même que Gonesse n'apparaisse, en 832, sous le nom de "Gaunissa", il existait déjà une occupation humaine en ces lieux aux époques préhistoriques. Du XIème au XIVème siècle, Gonesse se fit connaître, pour son drap de laine, appelé la gaunace, dont la fabrication doit beaucoup au Crould et à ses moulins, les moulins à drap, installés sur le cours du ruisseau. Le petit domaine attenant à la Maison de Gonesse donné en 1234 aux Templiers par Pétronille du Change ainsi que la Maison sise rue des Forges étaient rattachés au chef-lieu de Commanderie °Clichy-en-l'Aunois.

°JOUY-LE-COMTE (comm. de PARMAIN, 95/Val-d'Oise) 95620
Au nord-ouest de L'Isle-Adam, sur les bords de l'Oise, le territoire de Jouy, "joiaco " comme il est parfois désigné dans les textes anciens, se trouvait sur le territoire des comtes de Beaumont. Le village remonte peut-être au delà du XIIème siècle. Son église dédiée à Saint Denis, est pour sa partie la plus ancienne de cette époque. Au XIIIème siècle, on trouve un chevalier du nom de Eudes de Jouy. Il était contemporain de Jehan de Parmain et d'Ancel III de L'Isle Adam dont le sceau conservé aux archives nationales est daté de 1228. Il partit en croisade l'année suivante et fut blessé à GAZA. Jouy était le siège d'une Commanderie de Templiers.

°MESSELAN (comm. de FROUVILLE, 95/Val-d’Oise, canton Isle-Adam) 95690
La Maison de Messelan a été sous les Templiers le chef-lieu d'une Commanderie, à l’ouest de leurs possessions de °Beaumont-sur-Oise et de °Bernes-sur-Oise. Elle était située au nord de Frouville, sur le chemin de Frouville à Amblainville. On ne sait rien sur la fondation de cette maison qui existait en 1245, car on trouve encore une charte de cette année-là, de l'official de Beauvais, portant vente au profit des frères du Temple, par Gérard Scoup de Messelan, de la paroisse de Frovile, de deux piètes de terre, dont une située au-dessous du clos de la maison des dits frères à Messelan, "infra clausuram domus dictorum, fratrum apud Messerant". De 1246 à 1257, nous voyons les Templiers continuer leurs acquisitions de terres à Messelan, aux lieux-dits : à la Vallée de Messerant, à la Vallée Maluestevin, au Champ-Fereus, à le Pré, à la Carrière, sur le Mont, en la Bruière… Le domaine de Messelan comprenait outre des arpents de terre arable, des arpents de pré et de vigne ainsi qu'un moulin à eau. La Maison de °Bernes dépendait de la Commanderie de Messelan. Plus tard, les Hospitaliers en firent un membre de la Commanderie de °Sommereux avant de la réunir à la Commanderie d'°Ivry.

°MONTMORENCY (95/Val-d’Oise) 95160
Le développement urbain de Montmorency ("Mons Morentiacus") est considérable au cours des XIIème et XIIIème siècles. Des maisons s'érigent peu à peu, dans et hors les murs, sur la partie septentrionale de l'éperon rocheux. A tel point que vers 1205 le castrum prendra l'appellation de castellum indiquant la présence d'un village fortifié. Cette fortification, possession capétienne verrouille la voie romaine vers Paris. Seule la voie reliant Argenteuil à Groslay puis à la route de Beaumont traverse Montmorency, pourtant un marché s'y tiendra chaque mercredi. Les Templiers formèrent leur Maison de Montmorency au moyen des donations que leur firent en grande partie les seigneurs du lieu. Bouchard de Montmorency leur accorda en 1192, deux setiers de châtaignes qu'ils pouvaient ramasser chaque années dans ses bois (ce fut une des premières donations). Un Hôtel Dieu, c'est à dire un hôpital est créé en 1207. Duchesne dans son histoire des seigneurs de Montmorency, ne fait mention que d'un seul titre ayant rapport aux Templiers, c'est une donation à eux faite, en 1221, par Mathieu II dit le Grand, seigneur de Montmorency, d'une partie de la dîme de Deuil et de Montmagny. Les Templiers implantèrent dans la paroisse en 1257 une Grande Maison appelée Le Temple rue de l’Etang (qui deviendra ainsi la rue du Temple), sous la dépendance du chef-lieu de Commanderie Clichy-sous-Bois. Ils ne pourront jamais y élever aucune tour ni forteresse. La muraille de Montmorency était percée de quatre portes dont la porte de la Geôle, à l'angle des rues du Temple et du docteur Millet. Il ne subsiste aucun vestige du logis des Templiers qui occupait l'emplacement entre la rue du Temple, la rue des Basserons et la rue des Carrières (soit au sud de l'actuel Centre Hospitalier). La fontaine, ainsi que le pressoir à vin tout proche étaient réservés aux Templiers qui possédaient des vignes à Soisy-sous-Montmorency (la Fosse-aux-Moines). Guillaume de Montmorency fut chevalier du Temple en 1270. Jean 1er, seigneur de Montmorency lors du coup de filet de 1307, était un fidèle de Philippe le Bel ce qui valut aux Templiers de Montmorency de ne pas être dépouillés de leurs biens et de pouvoir même réintégrer leur logis. En 1792 lors de la vente des biens du clergé, il est fait mention d'une maison appelée "Le Temple", avec cour et deux jardins, qui aurait donc subsisté jusqu'à la Révolution. Une légende de trésor templier est vivace à Montmorency, le situant parfois dans l'ancienne église Notre-Dame, qui n'est pourtant pas d'origine templière.
Voir °Sannois.

°NUCOURT (95/Val-d’Oise) 95420
Anciennement "Neucourt", de "neus" (nouveau), et "curia" (ferme).
A proximité de la route de Paris à Gisors, l’église Saint-Quentin de Nucourt est bâtie au milieu du cimetière où se trouvent des tombes templières.

°PUISEUX-EN-FRANCE ou PUISEUX-EN-PARISIS (95/Val-d’Oise) 95380
Au sud-est de Luzarches, les Templiers avaient bâti l’importante grange dîmière de Puiseux-en-France pour renfermer leurs dîmes. Par ses lettres du mois de mai 1233, Bernold de Puiseux, chevalier, et Cécile, sa femme, vendirent, moyennant 1300 livres, aux Frères de la Maison du Temple de Paris, toute la dîme de Puiseux ("totam decimam de Pusellis") avec un arpent de terre dans le village, pour y construire une grange. D’abord simple grange, le domaine fut transformé en Commanderie.
En se rendant du village à Marly-la-Ville par la D9, on aperçoit dans un virage sur la droite, un pignon d’époque de la "ferme de la Commanderie", aujourd’hui propriété privée. Elle est remarquable par les poutres de la grange, les rosaces sur la vieille porte de grange et surtout la petite crypte dans la cave dont deux clés de voûte sont signées. Raoul de Puiseux leur fit donation du quint de plusieurs pièces de terre qui lui appartenaient au village de Puiseux, près de Louvres, sous Chatenay ("apud villam de Puteolis juxta Lupas subtus Castenatum") ; aux lieux dits la fosse Cacavere, la couture du Moulin, la couture des Epines, de Spinis, la couture du petit Orme, la couture des fosses à Harviler, … Par un autre acte du mois de février 1260, le même seigneur Raoul donna aux Templiers tout le quint de son manoir, avec ses dépendances, sis à Puiseux, entre Marly et Fontenay ("inter Malliacum et Fontanetum"), de tout son bois appelé le bois de Coudray ("nemoris de Coudreio"), entre Louvres et Puiseux ("inter Lupas et Puteolos"), de deux prés, dont l'un situé entre Fosses et Bellefontaine ("inter Fossas et Bellam Fontem"), et l'autre entre Chatenay et le bois de Jagny ("inter Castanetum et nemus de Jehengni"), d'une vigne près du bois de Coudray, de la moitié du four de Puiseux avec la maison. La maison de Puiseux était située sur le chemin conduisant à Marly.

°RUBELLES (comm. de SAINT-PRIX, 95/Val-d’Oise) 95390
"Connaissez- vous la colline qui joint Montlignon à Saint-Leu, une terrasse qui s'incline entre un bois sombre et le ciel bleu, c'est là que nous vivons...." (Victor Hugo – Les Méditations). Un village s'est développé sur une partie du flanc méridional de la butte de Montmorency, Saint-Prix. Les coteaux de Saint-Prix furent des vignes "Le clos Rouillard" et ceux de "Matousines". Sur le chemin de Saint-Leu à Montmorency, Rubelles était Maison membre de la Commanderie de °Cernay, sur la commune d’Ermont.

°SANNOIS (95/Val-d’Oise) 95110
Avant le Xème siècle, Sannois, à la limite d'Argenteuil, n'est encore qu'un hameau ; au XIIIème siècle, il est sûr que l'abbaye de Saint Denis disposait de possessions à Sannois. Au XIIIème, les Templiers sont propriétaires d'une partie importante du territoire de Sannois, grâce à l'intervention bienveillante de la famille de °Montmorency. Il existe une Rue de la Commanderie.

°SARCELLES (95/Val-d’Oise) 95200
Peu après le péage de Pierrefitte, les routes de Beaumont et de Chantilly se séparaient. Sur cette dernière on traverse Sarcelles avant Villiers-le-Bel. Eustachie, veuve d’Augier de Sarcelles, vendit au Temple le domaine de Sarcelles où s’implantera la Maison membre de °Cernay. Une rue du Temple fait communiquer l'avenue Pierre Brossolette et la rue Victor Hugo.