Fresques des Templiers en Charente

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Le Dognon et ses fresques



°ANGLES (comm. SALLES-D’ANGLES , 16/Charente) 16130
Près de Ségonzac, à Angles (au sud de Salles-d'Angles) dans la vallée du Né, les Templiers occupaient une annexe sur l'axe Cognac-Archiac. Sa chapelle moins sévère que celle de °Chateaubernard présente cependant bien des affinités avec ce dernier monument.
La Chapelle de la Commanderie des Templiers d'Angles est bâtie sur un plan rectangulaire à une seule nef et chevet plat. Il n'y a pas d'indication de travées. Le berceau en pierre a disparu, il est remplacé par un plafond cintré en plâtre. La moulure en quart de rond, qui régnait au départ de la voûte en berceau, existe encore. Le chevet plat est éclairé par trois fenêtres plein cintre, très allongées et très ébrasées. Du coté sud, une fenêtre plein cintre. Du côté sud ; également, accolée à l'intérieur de la façade, tourelle polygonale d'escalier à vis, en pierre. Porte en anse de panier avec écusson mutilé. Vestiges d'une belle cheminée en pierre, avec colonnettes, du XVème siècle.
A l'extérieur, la façade occidentale est sans ornements. Le portail en plein cintre est très simple. Des signes lapidaires se remarquent sur la façade. L'appareillage est très soigné. Les contreforts sont plats, peu saillants. Au sommet du pignon de la façade, petit campanile portant la cloche. Voir °Boutiers.

°ANGOULEME (16/Charente) 16000
Les Commanderies étaient habituellement éloignées des agglomérations. Cependant, à Angoulême, les Templiers possédaient une Maison appelée Temple aujourd'hui disparue ; son "esglize estoit faicte, bastie et construicte en pierre de taille, ayant en longueur huict brasses, largeur quatre et hauteur trois brasses et demye, sans compter le pignon, faisant en tout quatre-vint-seize brasses" (Redet 1967). La Maison du Temple d'Angoulême, située près du château comtal et composée d'un logis, d'une chapelle, d'un corps de bâtiment et des écuries, était la Commanderie régionale pour l'Auvergne. Cette petite chapelle, terminée par un pignon, formait un rectangle. Nous en retrouvons la silhouette dans le plan de la ville en 1575 dessiné par Belleforest. Le logis des Templiers faisait face à la résidence comtale ; Hugues de Lusignan y séjourna. Le linteau de la cathédrale d'Angoulême, reproduisant un combat de cavaliers, commémore éloquemment la victoire de Daroca remportée sur les Maures en 1120.

°AUNAC (16/Charente) 16460
Aunac vient du nom gallo-romain "Aunacum" (domaine d'Aunus), puis s'est appelé "de Hanaco" en 1374, "de Hanado" en 1376, puis "de Onaco", "de Ounaco". Au nord de Brillac, à Aunac, arrosé par la Charente, se trouvait la Commanderie désignée sous le nom de Sainte-Trinité. Cette Maison de Templiers a disparu.

°BARBEZIERES (16/Charente) 16140
Après Gourville, continuez sur la D736 jusqu'à Aigre puis prenez la D739 direction Verdille. Suivez les indications Barbezières qui sera notre prochaine étape. Ce village a été le siège d'une Commanderie de Templiers et a accueilli un château féodal qui n'est pas celui actuellement visible. Malheureusement le Château de Barbezières ne se visite pas
Une charte datée de 1187 atteste parfaitement que les Templiers s'étaient déjà implantés à cette époque à Barbezières, près d'Aigre, sur les terres de l'abbaye bénédictine de Saint-Amand-de-Boixe. Ils y possédèrent une préceptorie qui passa aux Hospitaliers à la suppression de l'Ordre.
Au XVème siècle, cependant, la vieille Commanderie, vétuste et fort éprouvée par la guerre de Cent Ans, fit place à un château renaissance. Or, nous dit-on, les Hospitaliers prirent le soin de conserver un mur couvert de graffiti datant du Temple. L'oratoire des Templiers de Barbezières dessine un long rectangle ; ses deux travées étaient jadis couvertes en berceaux brisés. Le chœur à chevet plat reçut une voûte sur croisée d'ogives au XVIème siècle. Sa façade a été reconstruite en 1875.
Ces inscriptions et signes-clés donneraient de troublantes indications sur le plan des souterrains de l'ancienne Commanderie. Au centre se trouve un point d'or caractéristique qui désignerait l'emplacement d'un trésor. Laurent Dailliez a pour sa part contesté cette analyse car les graffiti sont tous postérieurs aux Templiers. Toutefois, le dernier possesseur d'un plan n’aurait-il pas pu transmettre, gravé dans la pierre, le secret des cachettes ?

°BOUTIERS (comm. BOUTIERS-SAINT-TROJAN, 16/Charente, cant. de Cognac) 16100
Au nord-est de Cognac, Boutiers, arrosé par la Charente, était au Moyen-Age le siège d'une Commanderie de Templiers. L'origine du nom de Boutiers ("de Boteriis", "de Boteriaco") viendrait des moines de St Antoine installés au début du 2ème millénaire (pendant 500 ans) à la Commanderie des Templiers (bâtisse dont il ne reste plus rien d'apparent, situé entre l'église de Boutiers et le chemin de Routreau, car elle fût détruite par des soldats protestants vers 1565). Ils étaient venus pour y soigner les habitants de la région atteints d'une épidémie venue de la maladie de l'ergot de seigle : le "mal des ardents". Ces moines qui venaient à l'origine d'un massif montagneux du Dauphiné appelé : "Les Boutières", l'auraient baptisé ainsi !
L'église des Templiers est la petite église Saint-Marmet datant du XIème, remaniée aux XIIIème et XIVème siècles puis abandonnée. Voir °Angles.

°BRIE (comm. de BRIE-LA-ROCHEFOUCAULD, 16/Charente) 16590
Situé sur le flanc droit de la vallée de la Gorette, le village de Brie en Charente, abritait au lieu-dit "Le Temple" une Commanderie de l'Ordre des Templiers. Le village est nommé de Bria en 1110 (Cart. égl. Ang.). Dolmen détruit de La Combe. Tout près on a retrouvé le tracé de la route romaine appelée indifféremment "chemin de la Chaussée ou chemin des Romains" qui sert de limites aux communes de Champniers et Brie-la-Rochefoucauld. Au nord-est de Brie, le village des Forges témoigne que les Romains travaillaient le fer qu'ils exploitaient dans la forêt de Braconne.

°CHALAIS (16/Charente) 13210
La ville de Chalais a adopté le blason de la famille des Talleyrand-Périgord, sire, puis prince de Chalais : "de gueules à trois lions d'or couronnés, armés et lampassés d'azur, posés deux et un". Ils y furent seigneurs de 1263 avec Hélie II de Talleyrand, jusqu'en 1883, (soit 620 ans), en la personne de Hélie-Roger-Louis, duc de Périgord, prince de Chalais. Autre tradition de trésor templier, contenu cette fois dans "trois barils emplis de pièces d'or" et caché autour de la caserne de Chalais.

°CHAMBON / LE CHAMBON (comm. de SAINT-MAURICE-DES-LIONS, 16/Charente, cant. Confolens) 16500
La Commanderie du Chambon était située au sud de Saint-Maurice-des-Lions près du Bois du Chambon.

°CHAMPAGNOLLES (17/Charente-Maritime) 17240
A une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Jonzac, Champagnolles est situé sur un territoire plat mais boisé avec la forêt de la Lande. C’est le pays de Saint-Genis de Saintonge, dans lequel se dessinent de petites routes vertes, le long des rivières de La Maine et de La Seudre. De vastes carrières à ciel ouvert ont permis le commerce important des pierres de tailles.
Son église au cœur du bourg est une construction puissante et de belles proportions. Elle date vraisemblablement de la deuxième moitié du XIIème siècle et a été placée sous la protection de Saint-Pierre, patron du Diocèse. Elle dresse au croisement de deux routes la haute masse carrée de son clocher à toit plat.
Au-dessus des fenêtres se déroule une belle suite d’arcades comptant, entre les colonnes, trois ou quatre cintres appuyés sur des colonnettes. Une corniche sculptée domine l’ensemble. Elle est portée par une suite de modillons très variés. Les modillons obscènes sont très fréquents sur les églises romanes. A Champagnolles, ils sont joyeusement représentés, voire obscènes.
Plus sérieux est un autre modillon que vous n’aurez pas de mal à repérer, sur le côté du chevet principal. C’est une croix, une croix des Templiers. Elle a sa raison d’être : un hameau voisin, "le hameau du Temple", abritait au Moyen Age une maison dépendante de l’ordre militaire et religieux des Templiers. Au hameau du Temple, la Commanderie de Champagnolles avait dit-on un vaste réseau de souterrains.

°CHARMANT (16/Charente, cant. Villebois-Lavalette ) 16320
Le bourg de Charmant, à 9 Km ouest de Lavalette et 20 Km d'Angoulême, est construit au sommet d'un monticule qui domine une vaste étendue de pays. C'était au XIIIème siècle, le siège d'une Commanderie de Templiers, dont les bâtiments occupaient toute la crête du coteau. Il n'en reste que des ruines et l'église. Les Commanderies étaient peu répandues au sud-est du département ; cela tient au fait que cette région boisée ne laissait passer que peu de routes au Moyen Age. Nous ne découvrons que les restes d'une Commanderie et d'un château templier à proximité d'une ancienne voie romaine conduisant en Périgord. Charmant occupe le versant nord d'une colline et offre une belle terrasse sur le paysage. Une importante Commanderie des Templiers y était installée au Xème siècle. L'église a conservé sa nef du XIème siècle non voûtée. Le clocher carré est surmonté d'une flèche octogonale en pierre, très élevée. Ce clocher en pyramide octogonale doit être considéré comme un des plus beaux spécimens de l'art gothique, dans cette province.
Ce clocher fut détruit par la foudre en 1843 et reconstruit à peu près sur l'ancien modèle. En dehors du clocher, on peut remarquer la coupole qui le supporte, et l'abside ornée de riches arcatures. Ces deux dernières parties appartiennent au style roman. Les espaces publics autour de l'église revêtent un caractère assez confidentiel, à l'exception de la façade d'entrée qui ouvre sur une place plantée de marronniers. Une terrasse en forme de proue de bateau propulse le visiteur vers la campagne.
Primitivement la chapelle de Charmant se réduisait à une simple salle rectangulaire couverte en bois et dont les murs étaient ajourés de modestes fenêtres en plein cintre. A la fin du XIIème siècle, on ajouta à cette chapelle austère un transept et un chœur richement décorés. L'opposition reste frappante entre ces différentes parties de l'édifice. Il est à présumer que, par dérogation, les Templiers ont du consentir à agrandir leur église lorsqu'elle devint commune à la paroisse. Sur la façade se voient des croix pattées inscrites dans des cercles ; elles ornent le pilastre gauche du portail et le piédroit d'un enfeu qui n'est autre que celui du Commandeur. A la voussure inférieure du portail, on remarque des godrons qui font penser à la décoration reproduite à l'entrée du Saint-Sépulcre.

°CHATEAUBERNARD (16/Charente, cant. de Cognac) 16100
A l'est de Cognac, sur la seule route d'°Angoulême à Saintes, s'élevait la Commanderie de Templiers de Châteaubernard dont la chapelle est conservée ; cette chapelle revêt toute l'austérité qui caractérise leurs constructions. Correctement orientée ainsi que toutes les autres, elle en reproduit à nouveau le plan rectangulaire.
Des cordons en quart de rond servaient d'appui à la voûte en berceau brisé qui couvrait, jadis, les deux travées de l'église. Un grand arc sur pilastres sépare la nef du chœur ; ce dernier comme à l'accoutumée, reçoit son éclairage par un triplet.
A la fin du XVème siècle, une chapelle latérale agrandit l'édifice à l'est.
La façade, par sa nudité, n'est pas dépourvue de sécheresse. Son portail en plein cintre ne comporte aucun ornement ; de même la fenêtre allongée ajourant le pignon couronné d'un clocher-arcade à deux baies.

°CIVRAC (comm. de MIRAMBEAU, 17/Charente-Maritime, arr. Jonzac) 17150
Mirambeau est sur l'axe Bordeaux-Saintes, dans l'estuaire de la Gironde.
Sur la carte de Cassini de Blaye, un lieu-dit "La Commanderie" figure bien au nord-est de Mirambeau, au sud du lieu-dit "Canton de Sivrac" entre La Motte et Maziere.

°COULONGES (16/Charente) 16330
La Commanderie de Coulonges avait été installée vers 1120, sur une terre possédée par l'abbaye Saint-Amant-de-Boixe. En 1171 et 1173, le Grand Maître de l'Ordre en Aquitaine, Guillaume Ponet, y résida. D'apparence frustre, la chapelle Notre-Dame est longue de deux travées ; la nef s'adapte sans transition au chœur fermé par un mur droit. Sa voûte primitive a disparu mais les colonnes destinées à recevoir les doubleaux subsistent. La sculpture des chapiteaux assez grossière ne reproduit que des feuillages et des crochets. Aucune décoration n'apparaît au triplet ajourant le mur est ; ses baies très ébrasées ont été murées jusqu'à mi-hauteur.
A l'extérieur le portail avec ses trois rouleaux accompagnés de boudins rappellerait le type limousin si un cordon chargé de têtes de clous ne bordait l'archivolte. Une simple fenêtre s'inscrit à l'étage et un clocher-arcade, à une seule baie, surmonte la façade.

°CRESSAC-SAINT-GENIS (16/Charente) 16250
Cressac vient de "Crixsiacum", "domaine de Crixsius", nom gallo-romain, avant de s'appeler de "Creyssiaco". "Le Temple" se trouve au sud de Blanzac. Cette chapelle des Templiers date de la fin du XIIème siècle ainsi que l’ensemble des peintures murales. Ces dernières illustrent la défaite des Sarrasins contre les Croisés. La Commanderie était primitivement totalement peinte, même la voûte, mais les guerres de religions (1560) et surtout la révolution de 1789 confisquèrent les biens de l’ordre des Templiers qui, plus est, détruisirent la totalité des fresques du mur de droite. La chapelle des Templiers a servi de grange au cours du XIXème siècle. Après la guerre de 40, le reste des peintures de gauche s’écaillant, les Monuments Historiques déposèrent les fresques afin de les restaurer : un russe, Mesticoppe, mit six ans et demi pour sortir 33 pièces. Après 18 ans de restauration, elles ont été remises en place sur des panneaux de bois rectangulaires de 1m10 de hauteur sur 16m. Exemple quasi unique de l'iconographie des Templiers, la chapelle de la Templerie de Cressac, au sud d'°Angoulême, est aujourd'hui convertie en temple protestant. Essayez de prendre rendez-vous auparavant pour visiter l'intérieur. L'église, toute simple, présente le même thème architectural que les Templeries locales; une voûte en berceau brisé couvre l'édifice rectangulaire fermé à l'ouest et à l'est par des murs droits. Observons toutefois que les trois baies percées dans le dernier sont surmontées d'une rose quadrilobée. Une fresque de 15 mètres de long sur 3 mètres de haut tapisse, sur deux registres, le mur septentrional.
Le registre inférieur évoque une scène militaire de la vie des Croisés soit des exercices pendant un bivouac. Les chevaliers qui combattent ou qui regardent sont en blanc sur fond rouge. La scène du registre supérieur, plus vivante nous fait assister au départ des chevaliers, armés et casqués, sortant d'une forteresse avec tours crénelées et remparts garnis de guerriers. Lance au poing, tous étendards déployés, ils s'élancent au galop de leurs chevaux à la poursuite des Sarrasins qui battent en retraite vers leur camp. Ils se détachent en brun-rouge sur fond blanc. Les Croisés avec leur bouclier triangulaire, leur pennon qui flotte au vent et leur cotte d'arme blanche frappée de la croix pattée se distinguent très franchement des Sarrasins qui se protègent de leur bouclier rond. L'un d'entre eux est ceint d'une couronne. Il s'agit d'une lutte mémorable Les fresques murales de la fin du XIIème siècle, retraçant une croisade, sont demeurées intactes. aujourd'hui identifiée par M. Deschamps. Nour-ed-Din, atabeg d'Alep et de Damas, fut vaincu à La Bocquée, alors qu'il venait d'attaquer le Krach des Chevaliers. Le comte Guillaume IV Taillefer, avec un détachement de chevaliers de l'Angoumois, avait pris une part décisive dans la victoire.
D'autres personnages isolés furent peints : Saint Georges, l'un des patrons de l'Ordre, un évêque, peut-être Adémar qui part à la Première Croisade et un roi à cheval parmi les fleurs de lys qui pourrait être Philippe Auguste en départ pour la Terre sainte. Plus à l'ouest se trouve le Moulin de la Commanderie ainsi qu'un lieu-dit "La Croix-Rouge".

°GOUSE (comm. de PERIGNAC, 16/Charente, cant. Pons) 16250
Gouse (ou Goux) sur la commune de Pérignac au sud-est de Blanzac était une possession templière. Voir la chapelle des Templiers de Cressac (°CRESSAC-SAINT-GENIS).

°GUIZENGEARD (16/Charente) 16480
Guizengeard est sur la rivière le Palais, qui y reçoit le Jeard. Poursuivant leur route vers l'Espagne, les pèlerins rencontraient près de Condéon, la Commanderie du °Tastre, et plus loin encore celle de Guizengeard, près de Brossac ; leurs églises frustres présentent la forme habituelle des édifices Templiers. Le nom de Guizengeard s'écrivait autrefois Guillonzart, et c'est ainsi, du reste, que le prononcent encore certains habitants de la contrée. Elle formait jadis la "Commanderie de la Lande", qui appartint aux Templiers, et dont la chapelle est dédiée à Saint-Jean-Baptiste. L'ensemble date du XIIème siècle. Après la suppression de l'Ordre, la Commanderie passa aux Chevaliers de Rhodes et de Malte.

°L'HOPITEAU (comm. de VILLEFAGNAN, 16/Charente) 16240
Appelée successivement "Villa Fagna" (855), "Villa Faniacus" (980), "de Villafago" (1110), "Villa Faygnem" (1267), "Vilefeignen" début XIVème siècle, "de Villa Lutosa" (1326), "de Villa Fanihana" (1514), Villefagnan viendrait de "Villa Faniana", "dom. de Fannius", gentil. rom. (Jean Talbert, 1928). Villefagnan, à l'ouest de Ruffec, est située sur la D19 entre Sauze-Vaussais et Aigre. Chef-lieu de canton du nord de la Charente, la commune de Villefagnan fait partie du Pays du Ruffécois, région à vocation agricole. En sillonnant les rues du bourg, vous découvrirez une rue du Temple.
En vous éloignant du bourg, les villages situés sur la commune vous offriront leurs vestiges tels l'Hopiteau (ancienne Commanderie). Il existe un lieu-dit "L'Hôpital" au sud de Villefagnan sur la carte de Cassini.
En 1141, Aliénor d’Aquitaine fonde une léproserie dans le village de l’Hôpiteau, en Charente. Elle sera tenue par les Templiers.

°LE DOGNON (comm. BLANZAC-PORCHERESSE, 16/Charente, arr. Angoulême) 16250
Blanzac vient de "Blandiacum", "domaine de Blandius", nom gallo-romain. Il s'est orthographié "Blanzacum" en 1319 puis "de Blanziaco" en 1400. Cette région de craie blanche traversée par la rivière du Né est une terre à vignobles. Voir °Cressac-Saint-Genis et les fresques de sa chapelle des Templiers.

°LE GRAND-MADIEU ou °LE MAS-DIEU (comm. de LOUBERT, 16/Charente, arr. Confolens, cant. Saint-Claud) 16450
L'une des plus intéressantes Commanderies à visiter est celle du Grand-Mas-Dieu. Près de l’ancienne église de Templiers, la chapelle St Jean-Baptiste, s élève encore le Logis du Gouverneur. Des bâtiments de l'ancienne Commanderie, il ne reste qu'une vieille maison flanquée d'une tour, laquelle s'appuie par une porte en ogive sur le mur latéral de l'église.
Cette église est l'ancienne église de la Commanderie du Grand-Mas-Dieu. Sa chapelle, selon la règle, reproduit un rectangle. Une seule voûte en berceau brisé reposant sur des cordons en quart de rond recouvre l'édifice.
Des colonnes, qui supportent également un arc brisé, marquant l'entrée du chœur aujourd'hui couvert d'une voûte d'ogives sur consoles ; la sculpture des chapiteaux se réduit à de simples crochets. Un retable du XIVème siècle masque une partie des baies allongées du triplet. Deux voussures bordées de tores [moulure pleine et épaisse de profil arrondi sur la base d'une colonne] avec une archivolte en pointes de diamant agrémentent le portail. Au rouleau supérieur s'inscrivent des petites cupules qui ressemblent étrangement à celles que l'artiste de Saint-Michel-d'Entraigues a ciselées au chœur de cette église. Cette réminiscence de l'art oriental s'explique d'autant mieux que les deux sanctuaires s'élevaient sur la route de Compostelle. Une ouverture avec encadrement torique se profile sous le pignon qui termine la façade. Mais cette fois, nous n'y verrons pas de clocher-arcade ; l'église est un des rares monuments de Templiers possédant un clocher élevé sur le chœur. Un four de ménage se trouve également à proximité. Près du Grand-Madieu, le Pigeonnier de la Vergne (après La Garaudie) daterait des Templiers qui y auraient tenu une Commanderie.

°LE PETIT-MADIEU (comm. ROUMAZIERES-LOUBERT, 16/Charente) 16270
Le logis de la Commanderie templière du Petit-Madieu près Loubert datant du XIIème siècle présente un corps de logis massif, flanqué d'une tour ronde. L'église Sainte-Croix ogivale dépendait de la Commanderie °Le Grand-Madieu.
La chapelle de la Commanderie du Petit-Mas-Dieu au sud-ouest du village de Loubert a été signalée comme particulièrement caractéristique de l’architecture religieuse de l’Ordre du Temple avec son chœur rectangulaire, sa voûte en berceau brisé, ses trois baies éclairant le mur est et son clocher-arcade. En 1312, à la suppression de l'ordre des Templiers, le logis et la chapelle devinrent propriété des Hospitaliers ; En 2002, Le Petit-Madieu devient : Roumazières, "Quartier du Petit-Madieu";

°LES DEFFENDS (comm. LE TATRE, 16/Charente, arr. Barbezieux, cant. de Baignes) 16360
Trasta est l'ancien nom du ruisseau qui arrose le Tâtre ("Rivus Trasta, ad aquam Trasti") ainsi nommé en 1182-1191. Poursuivant leur route vers l'Espagne, les pèlerins rencontraient près de Condéon, la Commanderie du Tastre (Le Tâtre), au lieu-dit "Les Deffends", et plus loin encore celle de °Guizengeard, près de Brossac ; leurs églises frustres présentent la forme habituelle des édifices templiers. Ce fût probablement une terre seigneuriale où était interdit le pacage des animaux (le defens = l'interdiction).
De la Commanderie de Templiers seules les deux travées du chœur sont d'origine XIIIème siècle. L'église templière dédicacée à Saint-Jean fut voûtée d'ogives au XIVème siècle et reçut un escalier en vis. La Commanderie est ensuite mentionnée en 1373 parmi les biens des Hospitaliers de saint Jean de Jérusalem dans le diocèse de Saintes. La nef fut refaite en 1904.

°LIGNE (16/Charente) 16140
Trois grandes Commanderies entourent °Barbezières et à Ligné près d'Aigre on vient de mettre à jour une nécropole dont certaines pierres tombales prouvent qu'à cet endroit un corps de garde subsista de longues années après la chute des Templiers, avec une mission vraisemblablement en relation avec les signes gravés de °Barbezières et avec la surveillance des cachettes.
Dans le cimetière templier de Ligné se succèdent, sans souci de la chronologie, soixante pierres tombales du XIIème au XIVème siècle. Une croix hosannière, construite en 1654, marque la frontière entre l’ancien et le nouveau champ des morts.
On sait avec certitude qu’au moins deux souterrains y convergent. Ainsi, le mur du cimetière s’est effondré à la suite d’un affaissement du sol provoqué par la vétusté d’une galerie souterraine. Celles que l’on appelle "pierres chevalières" ne laissent pas d’intriguer. On y voit, gravées, des croix grecques, pattées, inscrites dans des cercles, dans des rosaces. D’autres encore, portent en plus un étendard ou une épée avec le pommeau rond typique du XIIIème siècle. Certaines tombes templières sont gravées de fleurs en forme de croix.

°MAINE-DE-BOIXE (16/Charente) 16230
Au sud de Mansle sur la N10 entre Ruffec et Angoulême.
Partant d'Angoulême, dirigeons-nous vers le nord du département. Entre les villages de Couraud et du Temple, au lieu-dit "La Commanderie" dans la commune de Maine-de-Boixe, les Templiers avaient fondé une modeste maison. Il n'en reste que les murs de la chapelle, bâtie au XIIème siècle, recouverts par une abondante végétation. L'édifice rectangulaire fermé à l'ouest et à l'est par des murs droits était couvert d'une voûte, d'une seule volée, qui reposait sur un cordon encore apparent. Au levant, trois longues baies étroites, caractéristiques des églises de l'Ordre, éclairaient le chœur. Elle tombait déjà en ruine en 1619.
Les Templiers avaient en cet endroit un domaine pour lequel ils devaient à l'abbaye de Saint-Amant-de-Boixe : deux livres de cire et une livre d'encens. Au commencement du XIIIème siècle, ils agrandirent ce domaine par l'acquisition de quelques terres au sujet desquelles ils eurent une contestation avec l'abbaye de Saint-Amant, qui prétendait avoir le droit de dîme sur ces terres. Un accord eut lieu à ce sujet, en 1209, en présence de l'évêque et de son notaire. L'abbaye renonça à la dîme et les Templiers portèrent à une livre et demie leur redevance en encens.

°MALLEYRAND (comm. d' YVRAC-ET-MALLEYRAND, 16/Charente) 16110
"De Yvraco", "de Hyvraco" (Lib. feod.), "Eburiacum", dom. d'Eburius, gentil. gallo-rom. dérivé du gaulois Eburus (Long., 79). Malleyrand: "de Malleram" (Pouillé, II, 119): "c'est le seul nom que l'on trouve dans les chartes les plus anciennes".
Il doit être d'origine gauloise: "Melloranda", "le domaine sur la colline". "Mello-", "colline" et "-randa", "partie", sont des termes de noms gaulois (Dottin). Située à flanc de coteau, la chapelle des Templiers de Malleyrand (commune d'Yvrac), du XIIème siècle, Malleyrand domine un profond vallon boisé au bas duquel serpente un petit ruisseau. Lorsque le visiteur a gravi le sentier caillouteux qui mène à l'édifice, sa surprise est grande de découvrir une façade richement décorée. Orienté à l'est, l'édifice est construit sur la forme rectangulaire habituelle et mesure vint et un mètres de long sur huit mètres quatre-vingts de large et est encadré à ses deux extrémités par deux pignons. C'est un carré long terminé par trois fenêtres richement ornées, encaissées dans 4 piles de colonnes groulées par 3 dans les deux piles centrales et unique dans les autres. La nef dépourvue de fenêtres fait corps avec le chœur largement clair par les baies du triplet et celles disposées latéralement. De belles moulures en ornent les cintres. Le triplet de baies montre assez l'importance accordée à la trinité (Père, Fils et Saint-Esprit dans la doctrine chrétienne; la couronne, la Sagesse et l'Intelligence, dans la tradition; pour l'alchimie : l'air, l'eau et le feu). Les chapiteaux feuillagés sortant de l'astragale [moulure située à la jonction du chapiteau et du fût de la colonne] s'élèvent à la naissance des arceaux, mais ils ne rejoignent pas le tailloir. Sur une bande transversale en corniche, supportée par des consoles ornées de marmousets, on remarque une tête de félin sur laquelle, disait le grand inquisiteur de France, Guillaume de Paris; les moines frottaient des cordelettes qu'ils portaient sur leur chemise. Le mur nord est percé dans sa première partie, d'une petite baie, qui a l'originalité d'être un fait rare, car presque toujours, nous ne trouvons d'ouverture au nord ! Les chapiteaux des colonnes du nord sont nus ou ornés de feuillage. C'est de ce côté nord que se trouvaient adossés les bâtiments de la Commanderie dont il ne reste plus rien. Le mur sud est également ajouré par une fenêtre dans sa première partie. Le premier des chapiteaux a pour motif une cordelière ! disposée en croix de Saint André et le second, deux colombes ou pigeons ? qui mangent dans un même récipient. La présence de ce motif apparaît dans de nombreuses chapelles des Templiers et à une place souvent identique. Sur le dallage en pierre, à gauche en entrant, se trouve une croix pattée de l'Ordre, inscrite dans un cercle, dernier vestige probablement des pierres tombales sous lesquelles les Templiers enterraient leurs frères ou bien les donats dans leurs églises. La décoration apparaît également au portail. Une archivolte en forme de tresse affine ses trois voussures en plein cintre possédant successivement 13, 18 et 23 pierres, reçues par des colonnettes.
Le tailloir sous la première voussure comporte aux côtés gauches deux serpents dans la position où on les trouve habituellement sur le caducée mais horizontalement et l'un mord la queue de l'autre ! Les chapiteaux sont ornés de feuillage sauf celui qui appartient à la deuxième colonnette de gauche où un "ange" mutilé apparaît nettement; notons que celui-ci se voit très souvent à cette place dans les portails construits par l'Ordre du Temple. L'artiste n'a pas seulement ouvragé les chapiteaux mais encore les fûts sui sont entourés de cercles ou annelés sur toute leur longueur. A l'étage, soulignée par une corniche, s'ouvre une fenêtre enjolivée de sculptures au-dessus de laquelle se profile le clocher-arcade. Les fenêtres ont leurs trois archivoltes abondamment décorées de feuillages et d'étoiles. Par une exception fort curieuse, les chapiteaux feuillagés n'ont pas de tailloir. Les bases des colonnes sont ornées de feuillages.

°MELAC (comm. de SAUVIGNAC, 16/Charente) 16480
Mélac se trouve au sud-est de Sauvignac. Autrefois une église s'élevait au nord de du village de Mélac. Cette église avait appartenu à la Commanderie templière du Grand Mélac. Elle fut détruite entre 1697 et 1738, pourtant le souvenir n'en a pas encore entièrement disparu.

°RICHEMONT (comm. CHERVES-RICHEMONT, 16/Charente) 16370
Les Templiers étaient nouvellement installés en leur Maison du Temple de Richemont et de Cherves (les chanvres), au lieu dit "la Templerie" (près de St André-des-Combes). Ils possédaient une ancienne ferme au lieu-dit "La Commanderie" entre Richemont et Cherves.

°ROUILLAC (16/Charente) 16170
Rouillac a porté les noms de "Roliacum" en 852, "de Rolliaco" en 1328, "de Roillaco", "Rulliacum" ("domaine de Rullius").
Située à égale distance d’Angoulême et de Cognac, Rouillac doit son nom à un riche propriétaire "Rullus" de l’époque gallo-romaine qui y fonda sa villa dont les terres s’étendaient jusqu’au lieu-dit "Les Bouchauds". En cet endroit les romains construisirent des thermes, un théâtre de 5000 places et sans doute une ville d'importance sur la Via Agrippa qui relie Lyon à Saintes. Au lieu-dit "Le Temple" au nord de Rouillac, on trouve les restes d'une ancienne Commanderie des Chevaliers du Temple. Voir °Barbezières.

°VIVILLE (16/Charente) 16120
Mentionné "de Vievilla", "de Vieyvilla", "Visvilla", le bourg de Viville trouve son origine dans "Vetus villa", "le vieux domaine".
A 12 Km au sud de Chateauneuf-sur-Charente en direction de Barbezieux, Viville fut autrefois une possession des Templiers, sur les bords du Né. La chapelle des Templiers de Viville a fait l’objet de réfections.
La Chapelle des Lépreux appelée improprement "Chapelle des Templiers" dans son état actuel ne date que du XVIème siècle (1ère trace vers 1523). Il semblerait qu'elle ait été rebâtie par l'ordre des Hospitaliers et dédiée à Saint Roch, le protecteur des épidémies (sa statue et un tableau le représentant sont à l'intérieur).

°VOUTHON (16/Charente, arr. Angoulême, canton Montbron) 16220
La commune de Vouthon est située sur la rive gauche de la Tardoire, à 3,2 Km de Montbron et à 10 Km de la Rochefoucauld. Parmi les divers établissements des Templiers en Charente, la Commanderie de Saint Martin de Vouthon ("Vulthone") passe pour être l'un des plus anciens et des plus importants. Il est exceptionnel de trouver un logis de Commanderie aussi important et bien conservé.
Situé au nord de la Chapelle Saint Martin, il avoisine son chevet suivant la coutume des Templiers. Ce grand corps de bâtiment rectangulaire, ayant partiellement conservé ses trois étages, est demeuré dans un très remarquable état. Une toiture est venue supprimer ses éléments défensifs crénelés. Tout comme l'église, il est construit dans un bel appareil régulier, et nous pouvons voir, sur sa face nord, des traces de reconstructions nécessitées au cours des guerres anglaises. Des meurtrières sont en place, juste au-dessus du niveau où le mur fut alors remonté. Sur sa face sud, de hauts escaliers donnent accès au logis, et les portes sont à situer au niveau du premier étage. L'une d'entre elles est décorée par un bel arc en accolade. Ceci nous prouve, entre autres détails architecturaux, que les Hospitaliers se livrèrent à des aménagements importants après avoir succédé aux Templiers. Signalons aussi l'existence de très belles caves romanes voûtées, dont l'accès, tout comme celui du logis, est privé. La métairie de la Garenne et le moulin de la Commanderie en dépendaient. Des mines de fer étaient exploitées à Vouthon. Les dépositions du Procès des Templiers signalent des réceptions de frères dans l'Ordre, qui se déroulèrent dans la chapelle de la Maison du Temple de Vouthon, ou Commanderie.
Nous sont parvenus quelques noms de Commandeurs.
1239 : Frère Odebert Bordoil.
1251-1252 : Frère Foulques de Saint-Michel, précepteur d'Aquitaine.
1264 : Frère Galhard.
1285-1290 : Frère Raymond de Mareuil, lieutenant du précepteur d'Aquitaine.